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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 15:18

Lunon

I / LE SOLEIL A DISPARU

Il était une fois, un petit garçon nommé LUNON. Il vivait dans un petit village haut perché, accroché au flan d'une montagne presque miraculeusement. Depuis toujours les villageois profitaient du bien-être prodigué par le soleil très proche d'eux et c’est dans cette atmosphère chaleureuse et bienfaisante que LUNON grandit.

Mais un jour le soleil ne se leva pas et tout changea. Les couleurs cédèrent la place à la grisaille, la chaleur au froid, le sourire aux larmes, bref le bonheur devint malheur.

Les animaux commencèrent à s’éteindre petit à petit d’ennui et de désespoir. Le soleil leur manquait, il manquait à tous. Peu à peu les réserves de nourriture, elles aussi, s’épuisèrent et la faim s’empara des villageois. Le village était très isolé et le froid glacial qui régnait empêchait toute communication avec ceux du bas. Les hommes qui tentèrent de traverser la grande forêt bleue pour aller chercher de l’aide furent contraints de rebrousser chemin.

Un grand conseil s’organisa et chacun prit la parole. Autrefois, lorsque le soleil brillait, on s’écoutait. Mais le malheur rendit les gens irrespectueux et leurs cris de colère et de peur résonnèrent dans le village.

Le soleil est tombé derrière la montagne !

Voilà des semaines qu’on ne l’a pas revu, il nous a abandonné !

 - Pourquoi le soleil a-t-il disparu, pourquoi la lune nous nargue-t-elle ? Il y a bien une raison à tout ça ! hurlait-on

Quelqu’un veut notre malheur ?

Oui, c’est ça, c’est la faute de QUELQU’UN ! répondait-on

Qui était, ce QUELQU’UN ! Qui était le responsable de ce désastre ! Le silence se fit, les gens se dévisagèrent puis quelques regards s’arrêtèrent furtivement sur LUNON.

Ces mots retentirent dans la tête de l’enfant, serrant son petit cœur dans sa poitrine.

II  /  LUNON SE MET EN ROUTE

LUNON était un enfant secret et timide, de petite taille, à dix ans et il en paraissait huit. Il vivait heureux avec sa maman et son grand-père. Sa chevelure argentée, couleur de la Lune, faisant sa particularité lui avait valu son prénom.

Voilà six mois que l’obscurité avait envahi le pays. LUNON, accoudé à la fenêtre de sa chambre, observait la lune.

Une, deux, trois, … , Cent  étoiles, il y a cent étoiles qui clignotent dans le ciel ! pensa-t-il. Toi Lune tu sembles heureuse d’occuper le ciel à toi seule ! Mais maman ne cesse de pleurer et les villageois de se disputer. Je t’en prie Lune, laisse revenir le soleil !

Des larmes coulèrent sur ses joues pâles. Il pensa, alors, qu’il fallait agir mais comment faire lorsqu’on est un enfant…

La maison était endormie, avec précaution LUNON se vêtit chaudement, enfila ses grosses bottes fourrées et n’oublia pas son sac. Il y avait disposé soigneusement une pomme de terre froide, un morceau de pain dur et surtout sa flûte qui ne le quittait jamais.

Il était bien décidé à aller à la rencontre de la lune, mais il ne savait quel chemin choisir.

 Il pouvait passer par le col VERTIGINEUX, mais il avait le vertige ou bien par les marais, ils étaient bien trop humides. Il ne restait plus que la grande forêt bleue. LUNON opta pour cette solution, bien qu’il sût qu’il y courrait le plus grand des dangers, l’inconnu.

 III / LUNON FAIT UNE RENCONTRE

LUNON marchait regardant droit devant lui. Un vent glacial s’infiltrait sous ses vêtements, il était transi. Il sentit ses membres s’engourdir peu à peu et le sommeil le gagner. Alors, il sortit sa flûte et joua. Il joua timidement car il ne sentait plus ses doigts gelés et ses lèvres durcies par le froid. Mais il persévéra et joua, joua, joua de tout son cœur. Alors un petit miracle se produisit, à chaque nouvelle note c’est un peu de chaleur qui lui revenait.

LUNON retrouva toute son énergie, et, comme il la puisait dans la musique, la forêt se remplit de ses morceaux enjoués. Les notes chantaient, réveillant les animaux qui s’étaient endormis.

Lorsque LUNON sortit de la forêt, il était heureux. Il lui jeta un regard triomphant qui semblait dire : « Maintenant ! je n’ai plus peur de toi ! ».

Puis il s’installa sur un gros rocher et engloutit sa petite pomme de terre froide et son pain. Puis il regarda la lune. Comme elle était belle ! Comme elle était grande ! Comme elle était proche !

Il était si fasciné, si envoûté qu’il n’avait pas remarqué le petit oiseau multicolore qui tournoyait près de lui.

IV / UN AMI QUI S’APPELLE MOUCHE

LUNON ! LUNON ! pépiait l’oiseau.

Qui me parle ? Répondit l’enfant

C’est moi !

Qui ça moi ? Je ne vois personne d’autre que moi.

Le petit oiseau se posa alors sur le bout de son nez.

Et là, tu me vois mieux comme ça ?

Ce que tu es minuscule ! Tu es un oiseau ? S’écria LUNON.

Oui, mais on m’appelle MOUCHE.

MOUCHE ! quel drôle de nom pour un oiseau ! Mais tu le portes bien…

-     Écoute-moi bien LUNON, ta marraine a besoin de toi.

Besoin de moi ? Ma marraine ? Quelle marraine ?!!

Ta marraine la Lune, petit étourdit !

Ma marraine la Lune ?!! C’est plutôt moi qui ai besoin d’elle. Et si j’ai fait tout ce chemin, c’est pour lui demander de libérer le Soleil ! Fit LUNON avec une moue en colère.

Mais le Soleil n’est pas prisonnier de la Lune ! C’est plutôt la Lune qui est prisonnière… Mais je n’ai pas le temps de t’expliquer.

Puis l’oiseau se tourna en direction d’un grand sapin, et s’adressa à un mystérieux interlocuteur.

Maintenant tu peux sortir.

V / UN VOYAGE FANTASTIQUE

Alors, une ombre gigantesque se dessina peu à peu sur le sol, couvrant LUNON et la prairie qui l’entourait. Un souffle puissant l’accompagna, balayant le feuillage des arbres et la chevelure de l’enfant. L’aigle royal se posa majestueusement près de lui. LUNON se demanda comment un animal qui faisait au moins cinq fois sa hauteur avait pu aussi bien se dissimuler à lui. C’était étrange, tout était étrange mais il ne craignait rien, il se sentait bien, si bien.

- Il s’appelle GORDE, c’est l’aigle le plus gentil que je connaisse. Dit MOUCHE rompant le   lourd silence. Écoute le bien, car ma mission s’arrête là. Adieu LUNON ! Puis il disparut dans les airs.

Malgré le départ de MOUCHE, LUNON restait confiant.

Petit humain. Dit l’aigle de sa grosse voix caverneuse. Petit humain monte sur mon dos et je te conduirai auprès de la Lune.

À chacun de ses souffles, ses plumes aux nervures robustes se soulevaient. LUNON s’approcha et s’agrippa solidement à l’une d’entre elles.  En se hissant il enfouit son visage dans le plumage et sentit la douce chaleur de l’animal.

Il s’installa le plus confortablement possible. Il était prêt pour le décollage. Tout doucement le brave GORDE prit son envol. LUNON saisit fermement le plumage du col de l’animal, il y enfouit ses mains profondément, et s’y accrocha de toutes ses forces.

Tiens-toi bien petit, nous allons très haut dans le ciel.

Je vole ! je vole !  Ne put s’empêcher de crier LUNON.

Émerveillé, il pouvait contempler le paysage qui coulait comme un long serpent géant, en dessous de lui.

VI / LUNON RENCONTRE LA LUNE

La rapidité avec laquelle l’aigle se déplaçait avait donné le tournis à LUNON. Un moment, il crut que sa tête allait exploser. Plus ils s’élevaient, plus tout semblait si petit, si minuscule. Seule la Lune grandissait, grandissait, grandissait et avec elle la lumière s’accrut. Le court voyage prit fin, l’enfant et l’aigle se retrouvèrent face au disque argenté qui se dressait magnifiquement devant eux.

Ma Lune, voici LUNON votre filleul. Dit GORDE.

Tu parles à la Lune ? Chuchota LUNON étonné.

Oui, mon enfant, je l’entends et je peux t’entendre aussi. Répondit l’astre.

LUNON n’en croyait pas ses yeux ni ses oreilles, aucun son ne pouvait sortir de sa bouche.

J’ai besoin de toi. Écoute bien ce que je vais te dire. Continua-t-elle.

LUNON, impressionné, hocha de la tête.

Je suis prisonnière de la montagne car le vent m’a poussée si fort que j’y suis restée accrochée. C’est pour ça que le Soleil ne peut plus se montrer. Pour me libérer tu dois…

Mais un chant envoûtant porté par des rafales légères couvrit les précieuses paroles de la Lune. C’était le vent. Il s’empara de l’enfant, l’enlaçant peu à peu. LUNON eut la sensation d’être bercé, mais bientôt la force du vent s’intensifia. Il voulu se dégager mais il fut précipité dans un vaste tourbillon, malmené comme une vulgaire marionnette.           

GORDE se jeta corps et âme dans la tourmente pour venir en aide à LUNON. Avec ses ailes il combattit le vent, avec ses serres il arracha l’enfant de son étreinte. Il le déposa dans une grotte toute proche, à l’abri.

Le vent furieux d’avoir été pris en défaut, laissa éclater sa colère. C’est avec une force inimaginable qu’il s’abattit sur GORDE et sur la Lune. Des cris de douleurs retentirent.

LUNON, en larmes, porta ses mains à ses oreilles et hurla de toutes ses forces :

Lune, dis-moi ce que je dois faire ! Je t’en prie, aide moi !

Il était désespéré, lorsqu’il pensa à sa gentille flûte. Il la saisit rapidement et joua un morceau joyeux même si le cœur n’y était pas.

Les sons à peine perceptibles au début se gonflèrent de force à mesure que le vent se calmait. tout doucement il se laissa apprivoiser et suivit docilement les volontés de LUNON. Ainsi, il libéra l’astre le tirant de la prison dans laquelle il l’avait enfermée et insensiblement disparut.

LUNON avait gagné son combat.

VII /  LUNON RETROUVE SA FAMILLE

Dans la chambre de LUNON, on s’agitait ; Lui, dormait paisiblement.

Maman était inquiète, grand père aussi. Tous les villageois se tenaient devant la porte, eux aussi  étaient inquiets.

Soudain LUNON ouvrit ses grands yeux couleur d’ambre.

Maman ! Est-ce que le soleil est revenu ?

LUNON ! Mon LUNON ! oui ! Regarde, il est là ! S’écria maman. Puis elle courut ouvrir grand les rideaux.

Un rayon de soleil traversa la pièce jusqu’au visage de LUNON l’illuminant.

Alors, ça veut dire que j’ai réussi à libérer la Lune ?

Tu as surtout réussi à nous faire peur ! répondit tendrement maman. Nous t’avons retrouvé ce matin à l’orée de la forêt bleue. Tu étais tout gelé et inconscient, tu serrais fort ta flûte contre toi. Heureusement le soleil te réchauffait de ses rayons. Sais-tu que  tout le village t’a cherché ? Tout le village sans exception !

As-tu rencontré un aigle géant ?

Non, pas d’aigle géant.

Et un tout petit oiseau ?

Non rien de tout ça. Par contre, nous avons trouvé cette perle près de toi. Elle lui tendit l’objet. LUNON le prit et au contact de sa main, la perle se mit à briller. Tous deux laissèrent échapper un cri d’émotion.

Sais-tu ce que c’est ? Osa questionner maman.

Non, maman. Dit-il en serrant la perle très fort dans sa main.

Il ne pouvait pas dire qu’il s’agissait d’une larme de Lune, même maman ne le croirait pas.

Son aventure lui appartenait, personne ne savait et ne saurait jamais que seul, il avait pu vaincre ses peurs, le vent, le froid et libérer la Lune.

FIN

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Conte
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