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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 10:39

L’homme entra, et de leur positon, les enfants purent se faire une idée sur la personne. Des pieds démesurés et poilus chaussés de vulgaires sandales laissant dépasser des ongles noirs de poussière, s’approchèrent du lit. Inutile de décrire l’odeur qui les accompagnait… Maya et Karim crurent qu’ils allaient mourir là, asphyxiés sous une vulgaire paillasse, dans un sordide sous sol d’hôpital. Ils se bouchèrent les narines pour échapper à cette subite attaque olfactive.

Des petits pas très légers sonnèrent à leurs oreilles à l’écoute de la moindre résonance.

- Anatole ! tu ne m’as pas attendue, vilain, dit la voix féminine.

Les enfants observaient les petits pieds  impeccables se mêlant aux gros dégoûtants.

- Hum… Répondit l’homme d’une voix caverneuse.

- Je t’allume la télé… Tiens voilà, installe-toi. Recommanda-t-elle en tirant une chaise.

Maya et Karim contemplèrent ce ballet de pieds humains, de pieds de chaises comme un spectacle vivant.

- voilà du chocolat, je te laisse, d’accord ? soit sage… Je reviens dans deux heures… Juste le temps de ton film.

On entendit le claquement d’un baiser et les petits pieds s’éloignèrent. Le son de la télé couvrit les paroles que les enfants échangèrent entre eux.

- On est coincé, sous le lit pour deux heures… sympa ton idée… Grommela Maya.

- Oh ! ne râle pas, regarde, il y a la place pour passer derrière lui. Répliqua Karim qui ne se laissait pas intimider.

- Tu crois qu’il ne va pas nous voir ?

- Je ne sais pas… je vais tenter, si j’y arrive tu n’auras qu’à faire comme moi.

- Non, je refuse…

- Chut ! tu parles trop fort…, si tu préfères, on va y aller tous les deux à quatre pattes. Si jamais il nous voit, on se lève et on court, dac ?

- Dac.

Les deux enfants sortirent de leur cachette. Karim, devant, progressait en rampant sans quitter des yeux l’homme. Quant  à Maya, elle collait le plus possible aux gestes de son camarade. Elle non plus, ne lâchait pas l’individu du regard. Il était gigantesque à l’instar de sa pointure. Des poils recouvraient chacune des parties de son corps qui étaient visibles. Elle aperçut son visage à la pilosité abondante.

- C’est pas possible ! se dit Maya, c’est le MONSTRE. On a découvert le monstre !

Sa gorge se noua, elle eut du mal à déglutir. Karim avait pris de l’avance et avait atteint la porte, elle se dépêcha de le rejoindre.

Enfin à l’abri dans le couloir, elle fit part de ses soupçons à Karim. Celui-ci qui n’avait pas suivit l’affaire, l’écouta sans sourciller. Elle espionna une dernière fois l’individu. Il avait un cou de taureau, des mains comme des battoirs, des bras de lutteur professionnel et sa figure, aux traits grossiers, était une caricature de l’homme. Non, il n’y avait rien d’humain en lui, Maya était sûre et certaine que cette personne était le MONSTRE.

 

Ils parcoururent le chemin qu’ils avaient empruntés précédemment en tâchant de ne pas se faire prendre. Une fois dans le hall d’entrée, Maya se précipita sur le téléphone public.

- Qu’est ce que tu fais, Maya ?

- J’appelle la police. Il faut les alerter. Tu comprends, ça fait dix ans qu’ils le cherchent et lui il est là sous nos pieds, en train de visionner tranquillement un film... Il y a au moins dix femmes qui sont mortes ou devenues folles par sa faute !

- Enfin, Maya, c’est pas parce qu’il est moche et qu’il pue qu’il doit être coupable ! Si ça se trouve c’est pas lui. Et puis, moi aussi j’ai eu le temps de l’observer et je trouve qu’il a un air inoffensif cet humain poilu…

- Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas suivi l’affaire… allo la police, j’ai une information de la plus grande importance à vous donner.

- Maya, c’est toi ?

Le Capitaine Piole était de service ce soir là.

- Capitaine ! il faut intervenir vite, le MONSTRE est là.

- Où es-tu Maya ?

- je suis à l’hôpital Marguerite. Et je l’ai vu de mes yeux, ce MONSTRE, cet animal infâme. Il est tapi dans les sous-sols de l’hôpital. Il est aussi effrayant que dans les descriptions qu’on avait faite de lui… J’ai peur, il faut venir vite.

- Bon, calme-toi, je viens avec une brigade.

Maya raccrocha le combiné et se retourna pour s’adresser à Karim. Il avait disparu.

 

La police débarqua plus rapidement que ce que Maya se l’était imaginé. Elle avait attendu dans un coin de l’entrée grelottant de froid et tombant de fatigue.

- Maya ! s’exclama le capitaine. Qu’est ce que c’est que cette histoire ?

- Tu es tout seul ? demanda Maya en écarquillant les yeux.

- Non, j’ai deux collègues qui arrivent. En attendant, raconte-moi ce qui s’est passé.

- On n’a pas une minute à perdre, il faut l’arrêter ! s’indigna Maya certaine de la culpabilité de  son suspect. Sur ce, elle s’élança dans le méandre des couloirs. Suis-moi, c’est par ici.

- Attends un peu, mon équipe arrive. Il fit deux pas et la rattrapa. Ne soit pas impatiente, recommanda le capitaine. Tu as bien une seconde ?  non ? rajouta-t-il en lui clignant de l’œil.

Maya dut patienter quelques minutes. Elle les conduisit au MONSTRE et les hommes de loi se mirent en place pour procéder à son arrestation.  Le MONSTRE avait les yeux rivés sur le petit écran. Il était si concentré qu’il ne les avait pas entendu arriver. Maya qui ne voulait rien perdre de l’événement s’était placée de biais à la porte.

- Ecarte-toi, murmura le capitaine.

Mais Maya ne voulut rien entendre. Elle désirait assister à l’interpellation coûte que coûte. La forte main de l’officier lui attrapa le bras et la ramena derrière son équipe armée. En quelques secondes, ils avaient pénétré dans la pièce et contrôlaient la situation. La place étant désormais libre, Maya s’approcha pour mieux voir et entendre. Le MONSTRE ne se débattit que pour finir de voir son film, il n’y avait que ça, un vieux western, qui l’intéressait. Maya se demanda même, s’il avait conscience qu’il venait d’être capturé par la police. Il regardait autour de lui, les visages impassibles des policiers,  sans rien comprendre de ce qu’il venait de se produire. Au regard de la situation, Maya eut un doute qui l’étreignit et un grand frisson lui parcourut tout le corps.

Sur le chemin du retour, c’est sans ménagement qu’ils conduisirent le MONSTRE. Les policiers se comportèrent mal, aux yeux de Maya, n’hésitant pas à se moquer de lui, à le bousculer lorsqu’ils le trouvaient trop lent, à le freiner dans son élan s’ils le jugeaient trop rapide.

Maya était mal à l’aise, quelques minutes avant, elle aurait été capable du pire à l’égard de celui qu’elle appelait le MONSTRE. Elle aurait pu le frapper de toute ses forces elle aurait même voulu le blesser, mais après avoir été témoin de l’interpellation musclée des policiers le doute avait fait son chemin.

A ce moment même, elle aurait voulu être une petite souris et s’enfuir dans un trou pour ne pas avoir à assister à cette humiliation.

-  Bravo Maya ! lança le capitaine. Je crois que nous tenons notre homme.

Maya eut une petite moue de désapprobation. Mais elle se ressaisie pour ne pas donner l’impression d’être une girouette qui tourne sur elle-même et change d’orientation selon le vent.

- Je l’espère, Capitaine.

- Ne te fies pas à sa réaction. Lui confia-t-il, car il venait de comprendre la réserve de la fillette. Tu sais ces gens sont des malades qui peuvent parfaitement nous surprendre. Tantôt ils sont totalement inoffensifs comme maintenant, tantôt ils se transforment en brutes épaisses sans scrupule… Tu peux être fière de toi, jeune fille.                                                

 

Maya regagna sa chambre accompagnée du capitaine qui la rassura une nouvelle fois.

Elle pensa à Karim, à sa mise en garde, et à Emma qui luttait toujours dans l’obscurité du coma, elle eut un dernier regard pour Jeanne qui dormait paisiblement. Puis, elle se tourna sur son côté droit face à la fenêtre et s’endormit profondément.

Cette nuit-là, elle rêva d’un MONSTRE tapi dans la forêt, l’attendant elle. Maya, terrifiée, courait pour retrouver un chemin, le chemin de sa maison où l’attendaient Emma et Karim.

 

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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