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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 11:46
Whou-ou-ou-ou , le vent puissant, s’engouffre et parcourt la forêt de Belle Lurette. Les animaux surpris par le souffle, s’éparpillent, filent trouver un abri.
Clac, clac, clac, font les volets qui frappent sur le mur de la maison du vieux grincheux Adhémar. Le vent ébranle la cabane déjà bancale, le vent  la menace.
Whou-ou-ou-ou chante le vent, mais l’irascible Adhémar n’a pas peur. Non, il n’a peur de rien pas même du vent qui arrache les toits et déracine les arbres. Adhémar n’a peur de rien mais il en a marre.
-    Marre de ce vent fou ! crie à tue tête Adhémar.
Clac, clac, clac font les volets bringuebalants en cognant les fenêtres. Adhémar tire fort sur les cordes qui maintiennent sa petite maison et l’empêchent de s’envoler. Bien planté dans ses sandales toutes crottées, le vieil homme que rien n’effraie entend un cri de détresse.
-    à moi ! à l’aide !
Adhémar a pourtant une réputation effroyable. Dans le pays on dit de lui qu’il est orgueilleux, hargneux et pire encore. On dit qu’il est si détestable que le village lui-même s’est peu à peu éloigné de sa maison. On le craint, on le redoute…
Quel est donc cet inconscient qui frappe à la porte de l’indécrottable Adhémar ? 
Armé de son fusil Adhémar, face de calamar comme le surnomment les enfants du village, tire en l’air pour faire fuir l’intrus.
-    à moi ! à l’aide ! s’égosille la petite voix sans tenir compte de l’avertissement.
Le vieil acariâtre découvre, au pieds du portillon de son jardin, ce qui ressemble à un chiot tout noir, le museau pointu, la queue touffue et les yeux verts remplis de larmes.
-    File de là, sale bête, gronde Adhémar.
Mais le vent déforme ses paroles, il joue avec les sons et lorsque les mots parviennent aux oreilles du petit animal voilà ce qu’il entend.
-    viens par là, ma bébête.
-    Comme tu es bon vieil homme de bien vouloir me recueillir, moi qui suis perdu et affamé.
-    Tu n’as rien compris, épouvantail à moineaux ! Hurluberlu ! Cornichon !  … Hurle Adhémar.
Il s’apprête à lui donner un grand coup de pied, lorsque la langue du petit animal se faufile entre ses orteils et provoque des chatouillis.
Adhémar ne peut retenir un hoquet, il se surprend à rire. Une drôle de sensation, un frisson lui parcourt tout le corps. Comme c’est agréable !
Encore tout étourdi par ce moment de plaisir, il autorise l’animal à se réfugier chez lui.
-    Tiens, prends un peu de lait, euh… Quel nom vais-je te donner ?
Que dirais-tu de… Noiraud ? ça te va bien, dit-il satisfait.
Les jours passent et commence alors une belle amitié entre le vieillard grincheux et l’orphelin malheureux.
Noiraud reconnaissant, range, nettoie, récure, répare, prépare les repas du vieil ours mal léché. Peu à peu, grâce à sa bonté et ses mille petites attentions il apprivoise son maître.
La maison se remplit des « hi ! hi ! hi ! » et «  ah ! ah ! ah ! » d’Adhémar heureux. Fini, les « j’en ai marre ! », maintenant Adémar se marre.
Ce bonheur retrouvé donne envie au vieux monsieur de présenter son ami Noiraud à ses voisins les villageois.
Lorsqu’il traverse la place du village, Noiraud, qui est devenu une belle bête, impressionne les passants. Il est majestueux sur ses hautes pattes, son museau s’est allongé, sa queue s’est étoffée et son regard vert glace les villageois qui donnent l’alerte.
-    au secours le loup est revenu !
-    rentrez chez vous le loup est dans le rue !
la police et les pompiers rappliquent sur le champ et encerclent Noiraud tout penaud. Adhémar comprend alors, son ami est en grand danger. Il se précipite sur lui pour le protéger et fait semblant de le maîtriser.
-    Victoire ! Adhémar a sauté sur le loup comme un barbare ! Vive Adhémar ! Vive Adhémar !
Voilà ce qu’on peut entendre.
-    Maintenant c’est mon prisonnier ! j’en fais ce qu’il me plait ! lance Adhémar.
Pas la peine de faire les présentations, aussitôt il empoigne Noiraud et le tire par la queue comme un gros sac de pommes de terre.
Les badauds interloqués, ne bougent pas d’un pouce. Adhémar ce vieux grigou est plus fort que le loup. Qui l’aurait cru ! qui l’aurait cru ! Ils se contentent de l’acclamer.
Depuis ce jour, Adhémar a retrouvé l’estime des villageois. Il est devenu le célèbre chasseur de loups de toute la région. Ceux qui veulent se débarrasser des loups qui hantent leur forêt font appel à Monsieur Adhémar.
Mais personne n’ose encore s’approcher de sa maison, ce qu’on y verrait pourrait bien étonner.
Depuis ce jour, Adhémar face de Calamar n’est plus grognon, n’a plus le cafard. Il a ouvert sa porte à de drôles de réfugiés, des loups de toutes origines y ont fondé une belle et grande famille.

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Histoire pour les petits
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