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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:43

        

Le capitaine Piole alias le MONSTRE, prit la fuite détenant Maya dans ses griffes. Les cris et les pleurs de Poulain retentirent, déchirant le bref silence. Il s’en suivit une cohue insensée dans la maison. Policiers et convives se percutèrent  maladroitement comme des poules affolées par l’apparition d’un renard dans leur poulailler. Leur impuissance les rendaient malheureux à l’égard de la fillette livrée aux mains de cet être odieux. La situation les rendit fous, tous gesticulaient, criaient, pleuraient. Tous, sauf Karim qui avait devancé l’échappée du MONSTRE et qui attendait Maya dans son véhicule. Il avait profité de l’agitation générale pour s’éclipser et porter secours à son amie. Il avait même pensé à récupérer le sac à dos fétiche de Maya.

L’homme jeta la fillette dans le véhicule et s’y engouffra simultanément. Il démarra en trombe la grosse berline noire sans découvrir le passager clandestin. Il fonça sur la route menant vers le nord, ignorant les panneaux et les feux de signalisation. Ballottée en tous sens, Maya accrocha sa ceinture de sécurité et se cramponna au siège. Ils évitèrent de justesse un semi remorque qui venait sur la droite et à qui le chauffard avait refusé la priorité. Le Capitaine était devenu fou, il ne se contrôlait plus. Au loin, on entendait le tintamarre des sirènes des policiers et les coups de klaxon fusaient. A un moment, le fugitif dut donner un coup de frein si brutal que la voiture fit un tour complet sur place. Sous le choc, Karim roula sur lui-même et s’écrasa contre le dossier du MONSTRE. Celui-ci fit volte face, il toisa l’intrus, puis il ralentit et avant même que Karim eut le temps de prononcer le moindre mot il l’empoigna et le jeta par la portière.

Maya, désemparée, retint un cri d’effroi. Elle se retourna en se raccrochant au dossier de son siège pour vérifier qu’un malheur n’était pas arrivé à Karim. Heureusement la circulation s’était bloquée juste après le tête à queue de la berline. Des gens se précipitèrent pour porter secours à l’enfant. Elle soupira rassurée pour Karim. En revanche, elle constata aussi que les véhicules de police étaient restés bloqués en amont. Elle regarda les gyrophares disparaître, son ventre se noua. En baissant les yeux, elle aperçut son sac à dos coincé sous le siège arrière du véhicule. Elle l’attrapa furtivement et le ramena sur ses genoux. Ce petit morceau d’elle-même lui amena un peu de réconfort. Elle le pressa de toutes ses forces contre son ventre et retint un sanglot dans sa gorge.

Le ciel commençait à s’assombrir, Maya tenta courageusement d’amorcer un semblant de conversation.

- tu m’emmènes où ? demanda-t-elle.

A ces mots l’homme éclata d’un rire sarcastique. Sur sa figure, ses traits s’étaient déformés. Il ne ressemblait plus au Capitaine. Ses yeux vitreux s’étaient enfoncés dans leur cavités et ses sourcils épais se rejoignaient en broussaille. Un liquide blanchâtre s’écoulait de  la commissure de ses lèvres pâles, et ses dents acérées lui donnait l’aspect d’une bête féroce. Même sa voix était transformée. Il était le MONSTRE dépeint par ses victimes, il était l’ignoble MONSTRE. Maya comprit qu’elle était perdue.

La nuit était noire, elle n’avait plus l’espoir d’être sauvée car la berline avait bel et bien semé les voitures de police. Elle avait peur, ses tentatives pour détendre l’atmosphère avaient échouées. Le Capitaine n’était plus lui-même, désormais il avait endossé un aspect inhumain et bestial. Elle pensa à ce roman célèbre, docteur Jékyll et Mister Hide. Au fond de son cœur, elle pria pour que le Capitaine reprenne le contrôle et que le MONSTRE soit vaincu. Peine perdue, le Capitaine avait disparu au dépend du MONSTRE.

Que pouvait-elle faire face à cette imposante carcasse, elle se sentait minuscule du haut de ses un mètre cinquante et ses quarante kilos. Pourtant, elle ne s’était pas résignée à disparaître des mains de ce fou. Maya, prit la résolution de tenter quelque chose, une évasion avant qu’il ne soit trop tard.

- Capitaine ! murmura-t-elle.

- Quoi ? qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il d’une voix sortie d’outre tombe.

Maya déglutit avec difficulté.

- Hum…Je voudrais aller aux toilettes. C’est pressé. Chuchota-t-elle.

- On est bientôt arrivés, retiens-toi.

- Où est-ce qu’on va ?

- Tu le saura bien assez tôt.

- Capitaine ? Maya tenta une dernière fois de ramener l’affable Capitaine à la vie. Capitaine, on va rejoindre Mamie chez sa sœur ?

Il ne prit même pas la peine de répondre et se mit à siffloter gaîment.

La fillette colla son nez au carreau, son anxiété redoubla d’intensité. Ils voyageaient en rase campagne dans la vallée. Le froid s’était intensifié et la neige formait des congères sur les bords de la route. On grimpait vers la montagne, vers le désert glacial. De temps à autre la voiture chassait et glissait sur le verglas. Ils ne pourraient pas aller bien loin car la berline ne disposait pas des chaînes  nécessaires, facilitant l’adhérence des pneus sur la route.

Il était urgent pour Maya de trouver une solution. Elle réfléchit et soudain, elle pensa au présent de Robin. Cette stalactite qui ressemblait tant à un couteau. Elle pouvait, en désespoir de cause s’en servir comme d’une arme.

Il fallait agir vite et surtout ne pas hésiter un seul instant. Elle ouvrit le plus silencieusement possible la fermeture éclair de son sac et y plongea la main.

Elle tâtonna à l’intérieur. « Où es-tu petite stalactite ? » se dit-elle. « allez montre toi. »

Enfin, elle la devina sous ses doigts. Elle la saisit et la serra très fort dans sa main délicate. Puis, discrètement, elle sortit l’arme de son sac et la dissimula entre ses genoux. Elle attendait l’instant propice pour s’en servir, lorsque le capitaine ralentit l’allure et se gara sur le bas côté.

C’était le moment de frapper et Maya sans la moindre hésitation, brandit son arme et la planta profondément dans la cuisse du MONSTRE. Un flot de sang jaillit de la blessure. Sans le savoir, elle avait dû toucher une artère. L’homme surprit par l’attaque poussa un hurlement inhumain, un cri qui ébranla la fillette.

Dans un état second, Maya profita, tout de même, du moment d’égarement dans lequel était plongé le MONSTRE pour s’échapper. Elle courut droit devant elle en direction d’une petite forêt espérant s’y cacher. Des coups de feux résonnèrent traversant la vallée comme des fusées miniatures. Maya  sursauta mais ne ralentit pas pour autant son allure. Elle jeta brièvement un regard en arrière et aperçut l’homme se retenant au capot de la voiture. Maya apprécia sa distance aux arbres. Il était vital d’atteindre les premiers arbres, dans les plus brefs délais, et reprendre son souffle ensuite. « pan, pan, pan… » le capitaine MONSTRE vida son chargeur.

Maya était vidée, chaque enjambée l’affaiblissait davantage car elle s’enfonçait au moins à vingt centimètres de profondeur tant la neige était abondante. Il ne lui restait que quelques mètres pour gagner le bois, à bout de force, elle ne parvint plus à courir. La respiration lui manqua et brusquement le noir se fit total. Le MONSTRE avait coupé les lanternes de la voiture.

- Tu ne m’échapperas pas ! Hurla-t-il dans la pénombre. J’aime la chasse… j’ai un flair hors du commun, tu la connais ma réputation, hein Maya?

Maya ne voyait pas à deux mètres, elle sortit alors du sac la lampe frontale de Joachim. Ses  mains tremblantes de peur et de froid manipulaient gauchement l’objet. Enfin, elle poussa l’interrupteur et put s’orienter convenablement. Elle pénétra dans la forêt dense, là elle aperçut une piste damé à une distance raisonnable, sur sa gauche.

Pour l’atteindre elle devait bifurquer et emprunter un chemin où elle s’enfonçait jusqu’aux genoux dans la poudreuse. Elle avait froid, sa petite robe rouge et ses mocassins assortis ne la protégeaient pas des températures polaires de la nuit. A un moment, épuisée par l’effort elle pensa abandonner et se laisser mourir dans la glace. Elle dut se persuader à continuer la lutte.  Elle pensa à Ayma son amie qui se battait contre la mort et se dit qu’au bout de la route sa récompense serait de la retrouver. Elle rassembla toutes les forces qui lui restaient pour atteindre son objectif. Enfin, elle déboucha sur le chemin de neige tassée, il  était plus facile de s’y déplacer. Elle pressa la cadence de ses petits pieds gelés. La route devait mener à une habitation. L’idée la réconforta. Elle fit un tour sur elle-même pour vérifier que le MONSTRE était resté loin derrière. Elle s’arrêta net lorsqu’elle constata des traces de sang quelques mètres plus haut dans le sentier.

Il se tenait là, à peu de distance, se terrant comme un fauve prêt à l’attaque. A présent, Maya pouvait entendre son souffle. Elle ferma la lumière de sa lampe par mesure de prudence. Paralysée, incapable de prendre la moindre décision, elle perdit confiance. Il faisait tellement froid, ses mains et ses pieds étaient gelés, anesthésiés.  « je suis à sa merci, je suis congelée… Ma petite maman, viens me chercher, s’il te plait. » pensa la fillette. Puis, avec toute l’énergie dont elle disposait elle réussit a reculer d’un pas, puis deux, puis trois.

Le MONSTRE bondit hors de sa tanière et chargea Maya tel un sanglier en furie. La fillette terrorisée se pensa perdue. Son sang ne fit qu’un tour et ses forces qui l’avaient abandonnée précédemment, resurgirent subitement. Elle  tourna les talons et courut le plus vite possible, à en perdre haleine, elle se fondit dans la pénombre.

Les sapins se firent plus rares et la lune qui était pleine redonna un peu de clarté et de visibilité à Maya. Dans sa course éperdue la fillette eut les yeux brouillés par le froid et les larmes. Son état lui permit, à peine, de percevoir les lumières qui clignotaient sur la route. Elle prit son courage à deux mains pour signaler sa présence avec de grands gestes. Accablée, elle ralentit sa course, activa le bouton de sa lampe frontale afin qu’on lui porte secours. Puis, exténuée, elle s’effondra.

La police était sur les lieux. Elle avait réussit à localiser le forcené. Un officier de police s’inclina sur le petit corps glacé de Maya. Il l’enveloppa de sa veste chaude, une canadienne fourrée, et la ramena au fourgon au pas de charge.

- Elle est vivante ? demanda un coéquipier.

- Je ne sais pas. Elle est glacée… Répondit le sauveur.

- Bon dieu, regarde sa mine, elle se grise. Rajouta un autre.

- Mais arrêtez, enfin ! intervint une jeune femme officier. Venez m’aider, elle est en hypothermie. Sa température est descendue, il faut la réchauffer.

 Ensemble ils la frictionnèrent vigoureusement pour réanimer ses membres paralysés par le froid. Maya, flottait entre rêve et réalité et respirait faiblement. Elle voyait de temps à autre un visage et entendait des voix en échos comme si les anges du ciel s’étaient attardés sur sa modeste personne. Grâce à la ténacité des gardiens de la loi, elle revint à la vie.

Un peu plus tard, on retrouva le corps de celui qui fut aussi un homme. Le MONSTRE inanimé, étendu sur une auréole rouge dans la neige blanche avait été rattrapé par son passé…

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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