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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:41

 

Les jours qui suivirent sa rencontre avec le père d’Emma, Maya eut une visite surprise. Un matin, alors qu’elle s’était levée assez tard car ses nuits étant toujours très agitées elle avait du mal à émerger, elle avait entendu des voix provenant de la cuisine. Elle avait, bien entendu, reconnu celle de son père, mais l’autre était celle d’une femme. Elle avait espéré que ce fut Rose alertée par son petit mot, mais l’hypothèse était peu probable. Elle abandonna définitivement l’idée, à mesure qu’elle se rapprochait de la cuisine, la voix ne lui était pas étrangère mais elle n’arrivait y mettre un nom.

Qui était donc cette femme qui s’entretenait avec son père ? Sa main courrait sur sa chevelure blonde abondante comme pour se donner une contenance. Lui était transfiguré, il la buvait du regard. Maya n’osa pas briser le charme de cette scène insolite.

À l’occasion d’un mouvement de la tête bien particulier, qui ramena ses cheveux vers l’arrière, Maya aperçu le profil de la mystérieuse visiteuse.

La charmante Madame Hilly s’était inquiétée de ne pas revoir Maya au collège ces jours derniers, aussi avait-elle décidé de faire un saut chez la fillette. Elle  avait pris la peine de se maquiller et buvait tranquillement un café, non sans une certaine élégance. Face à  face, les interlocuteurs se lançaient des regards embarrassés. Il lui adressa un sourire gêné, elle le lui rendit timidement. Aucun ne prêta attention à Maya qui se sentit de trop. De toute façon elle avait d’autres choses plus importantes à faire.

Maya préféra se concentrer sur le bilan de son enquête. À plusieurs reprises, elle se rendit chez Rose, mais celle-ci n’était toujours pas rentrée. Elle commença à s’en inquiéter car rien ne disait qu’elle aussi n’avait pas été la victime du MONSTRE. Avait-il eu connaissance de son secret ?

Mamie était absente elle aussi.

- Elle est partie chez sa sœur pour fêter Noël, lui révéla le Capitaine. Moi je dois aller la rejoindre bientôt.

- Alors, vous pourrez pas venir à ma fête d’anniversaire ! s’exclama Maya anxieuse.

 - Je viendrai moi ! lui assura-t-il. Je partirai après. Bon, tu es satisfaite j’espère !

- Ben, c’est qu’il va y avoir plus de monde que d’habitude, alors… je te présenterai à mes nouveaux amis.

- Oh, oh ! Tu fais ta mystérieuse…

- C’est pas ça, se défendit Maya.

- Bon, bon, justement à propos d’invités, tu comptais inviter Rose ?

-  J’aimerais bien, mais elle n’est pas chez elle depuis des lustres !

-  Parce que la pauvre vieille a complètement perdu la boule la dernière fois où on l’a vue. Il paraît que des infirmiers sont venus pour l’emmener chez les fous ! pauvre vieille…

- De quoi ? on a emmené Rose à l’hôpital psychiatrique ? qui demandé ça ? s’indigna Maya.

- Je sais pas, un voisin peut-être. C’est bien triste de finir comme ça ! Au fait, pendant que j’y pense, ton Anatole est libre comme l’air. Il faut faire confiance à la police, ma belle enfant…

Cette dernière phrase résonna comme un écho dans la tête de Maya. Elle hésita un moment.

- Pas toujours, fit-elle finalement… Le père d’Emma, il est vivant… Et il m’a dit qu’il soupçonne…

Le capitaine la coupa sans marquer la moindre surprise.

- ça je le sais qu’il est vivant, ma petite fille… Tu crois que la police se laisse berner aussi facilement ? On n’ a rien signalé aux journalistes car on ne veux pas l’inquiéter pour le choper plus facilement. Tu sais que c’est un meurtrier, il a tué deux hommes…

- Je…

- Qu’est-ce qu’il t’a dit ? que les malfaiteurs s’étaient tués entre eux ? Parce que le deuxième, celui que tu avais décrit avec un bandage à la main a été retrouvé dans une benne à ordure.

- Oh ! mais c’est affreux ! mais pourquoi ?

- Tout simplement parce qu’ils avaient découvert la preuve que le MONSTRE c’était lui. Tu comprends, quand ils sont venus le cambrioler, ils ont  dû trouver des photos compromettantes, aussitôt ils ont compris à qui ils avaient affaire.

- Mais la médaille alors ? je me souviens parfaitement que les malfaiteurs étaient chargés de la récupérer pour leur complice.

- Tu as dû mal comprendre leurs intentions. Il ne faut pas oublier que tu avais peur. À mon avis, elle doit appartenir à l’une des victimes. Rénald les a surpris en plein vol, voilà tout.

- Mais c’est pas possible ! Rose connaît le coupable, puisqu’elle peut l’observer de sa cabane.

- Rose cette vieille folle connaîtrait  le coupable ? Mais enfin Maya, je te croyais plus finaude. Dis-moi pourquoi, si Rose connaissait le coupable, elle ne l’aurait pas dénoncé depuis le temps ?

- Je ne sais pas, moi… Peut-être qu’elle avait peur de lui et peut-être aussi qu’elle ne s’en est vraiment rendu compte que depuis peu, depuis l’arrivée d’Emma et son père.

- Eh bien justement, tu vois. Elle s’est sans doute rendue compte que le coupable c’était lui, alors.

Le Capitaine avait réponse à tout, ça ne servait à rien qu’on le contrarie et Maya le comprit.

- Peut-être,  marmonna Maya. Les lettres de Sihême, enfin de Rose, étaient adressées à Emma… Mais pourquoi aurait-il voulu faire du mal à sa fille ? demanda-t-elle au capitaine.

- Mais parce qu’elle avait tout deviné, bien sûr.

Maya réfléchit un moment.

-  Et cette histoire de portefeuille ! on voulait faire accuser papa !

- Il faut croire que les deux malfrats étaient en relation avec une personne qui connaît ton père et qui travaillait peut-être avec lui à KOOR qui est comme tu le sais dirigé par Rénald. Ce quelqu’un a sans doute voulu se venger de ton père.

- Se venger de papa ? c’est la personne la plus gentille que je connaisse !

- Tu sais parfois dans le travail, les gens vous jalousent sans qu’on s’en aperçoive et Rénald, il en a laissé sur le carreau des pauvres bougres. Il a suffi que ton père ait eu un traitement de faveur pendant quelque temps et voilà, badaboum.

Le Capitaine trouva la fillette songeuse.

- T’en fais pas petite pomme, on va le capturer.

- Il sera chez moi dimanche, lâcha-t-elle. Intimement convaincue que bientôt elle en aurait le cœur net.

 

Le dimanche arriva avec un beau soleil et toujours de la neige. Maya passa sa matinée à confectionner des pâtisseries appétissantes et de quoi faire un petit buffet bien garni. Karim était venu comme convenu pour l’aider dans ses préparatifs, mais il passa le plus clair de son temps sur l’ordinateur. Maya avait un goût amer dans la bouche depuis sa conversation avec le Capitaine, elle ne cessait d’y songer. Aussi, elle laissa Karim se faire plaisir tandis qu’en préparant elle pouvait laisser aller sa pensée. Elle n’avait plus eu de nouvelles ni du père d’Emma ni du Capitaine. Et finalement, elle redoutait de plus en plus cette réunion de famille pour laquelle elle s’était fait une joie.

Joaquim avait obtenu une permission pour les fêtes et devait arriver d’une minute à l’autre. Robin avait fait la fête la veille et dormait encore profondément. Son père, lui, rangeait la maison et  l’organisait de sorte que les invités puissent tous trouver un siège pour s’asseoir.

Vers les treize heures, les invités commencèrent à arriver. Laura et Agathe furent les premières et Joachim les suivit de peu. Elle firent connaissance avec le reste de la famille et même avec Fripon le chat de la maison. Apparemment elles adoraient les chats.

La tension de Maya commençait à monter terriblement. Elle avait peur de ce qu’il risquait de se produire. Alors pour se calmer, elle passa du temps à la cuisine à faire mille et une choses à la fois.

Le Capitaine finit par arriver lui aussi, il interrogea Maya du regard. Elle compris que c’était à propos de Rénald et fit non de la tête.

Pourvu qu’Agathe ne subisse pas encore un choc, pensa Maya. En attendant, elle fit les présentations. Le Capitaine, lui aussi semblait anxieux. Il salua poliment les deux femmes sans s’attarder et se retira dans un coin reculé. Il attendait sans doute la venue de celui qui représentait à ses yeux le coupable. Puis, au bout d’un moment, il se posta à la fenêtre, faisant dos à la pièce. Le père de Maya, essaya de le ramener vers les autres à maintes reprises, sans succès.

Puis la sonnette de l’entrée retentit. Le Capitaine comprit que le moment était venu, il se posta de manière à faire face à la porte. Maya fit en sorte que tout le monde reste dans la pièce principale et elle se rendit à la porte et fit entrer Rénald.

- T’es foutu Rénald, j’ai tout expliqué à Maya ! s’exclama soudain le Capitaine. Alors tu vas venir bien sagement avec moi.

- Tu lui as expliqué quoi, espèce de malade ? Que tu es le MONSTRE qui a tué sa mère ? Maya écarte-toi, conseilla Rénald.

Elle resta figée sur place. Ces échanges de paroles n’eurent aucun effet sur elle. Elle plongea dans un songe, un flot d’images terrifiantes. Une vision d’horreur mêlait sa mère au MONSTRE.

- Elle ne te croit pas. Alors, tu vas me suivre et ne pas faire de vague.

- Maya, j’ai vu le graveur de la médaille. Il m’a donné le nom de Piole, Marguerite Piole. C’est pas ta mère ? Lança Rénald arrogant, au Capitaine.

- T’es foutu, je te dis.

Le Capitaine sortit son pistolet dans la foulée.

- Qu’est-ce que tu vas faire, tu vas me tuer ? Mais ça sert à rien, car j’ai tout balancé à tes supérieurs, c’est toi qui est foutu !

Le ton montait et tout le monde s’était rassemblé dans le vestibule. Maya n’avait pas bougé de position, elle restait absente. Agathe eut sans doute des souvenirs qui remontèrent  violemment, elle se mit à bramer.

- Agathe ! Mon Agathe ! hurla son mari lorsqu’il l’aperçut, ses yeux lui sortaient de la tête. Il s’avança dans la direction de sa chère femme, mais il fut coupé dans son élan par le Capitaine qui s’interposa vigoureusement à lui.

- Toi tu bouges pas ! dit-il en brandissant son arme de plus belle. Puis, il s’adressa à Maya. Viens ma chérie, Viens… et elle fit un pas dans sa direction sans trop se poser de question. Elle était comme un automate animé de mouvement mais sans la moindre réflexion. C’était comme si son destin était lié à celui de sa mère, comme si elle devait vivre ce que sa mère avait vécu dix ans avant.

- Vous voyez en qui elle a confiance la petite Pomme ? au Capitaine ! ouais au Capitaine ! cria-t-il à plein poumons.

Il y eut un brouhaha sans nom et soudain une équipe de police tous armés jusqu’aux dents pénétra dans la maison par différentes issues.

- Tu es fait comme un rat Piole ! s’écria Rénald.

Aussitôt le Capitaine attrapa la fillette contre lui et passa son bras autour de ses épaules pour la maintenir fermement.

- Arrêtez cet Homme ! héla son père aux policiers.

Les hommes de la police firent dégager les lieux. Ils demandèrent aux gens de se réfugier dans la cuisine. La place était nette, ne restait que Rénald, Le Capitaine et Maya.

- Lâche l’enfant ! somma le commandant de l’équipe d’intervention.

Le Capitaine se tourna vers eux et porta l’arme sur son front de la fillette.

-  Vous allez me laisser partir, sinon je l’abats comme un chien.

-  Laisse-la, prends-moi à sa place. Proposa Rénald.

- Non, non, non…Tu as vu ta femme ce qu’elle est devenue ? dit-il en se moquant. Une pauvre dingue ! elle a voulu venger sa sœur. Mais moi je lui avais rien fait à sa sœur, je faisais que de l’aimer c’est tout. Mais c’est elle qui a tout gâché, elle a voulu s’en mêler. Non, mais regardez-là maintenant ! ce n’est qu’une loque. Elle ne m’a même pas reconnu.

Maya était pétrifiée et son père qui avait entendu les propos du MONSTRE se rua dans la pièce à la vitesse d’un boulet, suivit de ses deux fils.

- Tu vas lâcher ma fille ! hurla-t-il. Ça t’as pas suffit de me prendre ma femme ? C’est ma fille qu’il te faut maintenant ? rends moi ma fille ! rends-moi mon enfant ou je te jure que je te tuerai de mes propres mains.

Soudain, il chargea tête première mais fut retenu dans son impulsion par ses fils Robin et Joaquim qui tentèrent de le raisonner.

L’action désespérée de leur père  déstabilisa les policiers. Le MONSTRE en profita pour filer sans lâcher sa proie.

 

 

 

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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