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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 22:32

Pour en avoir le cœur net Maya décida de rendre visite à son voisin Capitaine de police, Monsieur Piole.

Elle revêtit son manteau de laine rouge, son bonnet assorti et enfila ses petites bottes fourrées. Elle ne manqua pas de déposer sur le front soucieux de son père un petit baiser rassurant. Puis, elle se rendit chez ses voisins.

 

 Le Capitaine était un homme d’expérience et il pouvait se vanter d’avoir fait avancer des enquêtes comme celle «  des disparus de la plage aux galets » ou celle  « du trafic de cigarettes » ou encore la fameuse affaire « des objets d’art, de la cathédrale, dérobés » objets qui avaient été retrouvés grâce à son flair.

Maya connaissait bien sa réputation et lui vouait une admiration sans borne depuis sa plus tendre enfance. Il vivait avec sa vieille mère, une institutrice en retraite qui était devenue la grand-mère de substitution de Maya tout naturellement. D’ailleurs, elle aidait volontiers la fillette à compléter ses exposés et la guidait dans ses choix de lecture. Entre elles une affection s’était installée au fil des années et c’est pour cela que Maya l’avait spontanément appelée Mamie.

Mamie était une force de la nature. Toujours active à près de soixante-quinze ans, elle jardinait et cuisinait, s’occupait de sa maison, de ses courses et se promenait une heure tous les jours. Elle était dotée d’un caractère bien trempé dont son fils chéri faisait souvent les frais. Il avait beau être Capitaine de police, invariablement elle l’appelait mon petit garçon. Pourtant son « petit garçon » était loin d’être petit, puisque sa taille avoisinait les deux mètres.

Chez Mamie, il y avait toujours des friandises à grignoter et de bons jus de fruits à déguster. En plus de cet accueil gourmand, Maya prenait plaisir à bavarder avec elle.

La fillette sonna à quelques reprises pour se faire entendre car la vieille dame était un peu dure d’oreille. Un moment après, elle reconnu le son des petits pas alertes de Mamie.

Comme à l’accoutumée, elle fut accueillie par le sourire rayonnant de la petite dame encore coquette. Elle portait un pantalon noir satiné et un pull en cachemire rose saumoné. Ses cheveux roux, courts tenaient en place grâce à une grande quantité de laque.

- Ah ! ma petite Maya, je suis contente de te voir ! Ça faisait un moment que tu n’était pas venue ! Entre… Viens, assieds-toi. Je vais te chercher un goûter.

-  C’est pas la peine Mamie, ne te dérange pas pour moi.

Elle n’avait pas relevé le « ça fait un moment que je ne t’ai pas vue », car Mamie avait la mémoire chancelante. Cela faisait à peine quelques jours qu’elle lui avait rendu visite et elle l’avait déjà oubliée ! Maya ne s’était pas attardé c’est vrai, elle avait juste fait un tour dans le jardin pour vérifier si son chat, Fripon, ne s’y était pas réfugié.

Paradoxalement, Mamie se souvenait parfaitement des histoires du passé. Maya se régalait à l’écouter. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle avait appris dans les moindres détails les affaires que le capitaine avait résolues. Mamie avait des talents de conteuse impressionnants. Il lui suffisait de quelques phrases pour que Maya se retrouvât littéralement happée par son histoire.

Il en était une qui, il y a une dizaine d’années, défrayait la chronique et dont personne jusqu’à ce jour n’avait percé le secret, pas même le capitaine Piole. Il s’agissait d’un presque homme qui semait la terreur dans les campagnes environnantes et même en ville. Le soir venu, il surgissait là où on l’attendait le moins et disparaissait immédiatement après avoir commis ses forfaits. Ses victimes, uniquement des femmes, lorsqu’elles le croisaient en perdaient soit la raison, soit la vie. Peu d’entre elles en sortirent indemnes, une seule en réalité.

Grâce à son témoignage, on avait appris que l’individu était gigantesque, que son visage n’avait rien d’humain. Ce Monstre sévissait régulièrement dans la région en toute impunité car jusqu’à présent personne n’avait pu lui mettre la main au collet. Il avait habilement déjoué tous les pièges tendus par la police, c’est dire s’il était malin.

Mamie revint de la cuisine chargée d’une boîte de biscuits en métal. Elle la présenta à son invitée. À la vue de ces pâtisseries, le ventre de Maya se mit à gargouiller. Sans hésiter une seule seconde, elle plongea la main dedans.

- Merci Mamie, ce sont les fameux gâteaux que tu prépares pour Noël ?

- Oui, tiens… Ceux-là… Ils sont aux amandes, tu en as au beurre, et tiens, ceux-ci sont au citron. Ce sont mes préférés, dit-elle ses petits yeux pétillants de gourmandise.

- Je ne devrais pas… Elle se laissa tenter et en croqua un. Si mon docteur me voyait ! il me gronderait.

- Miam ! ils sont tellement bons tes gâteaux Mamie… on peut pas résister.

- Prends-en un autre.

Maya ne se fit pas prier.

- Prends, prends, n’aie pas peur. Alors, qu’est ce que tu racontes à ta vielle Mamie ?

Maya ne voulut pas ennuyer Mamie avec ses préoccupations, elle préférait en parler directement au Capitaine. Elle se dit qu’en l’attendant, il serait intéressant de savoir s’il y avait du nouveau sur l’affaire du Monstre.

- J’ai un renseignement à demander au capitaine… Y a nouveau sur le Monstre ?

- Non, rien du tout. On dirait qu’il a disparu celui-là… Ah ! j’entends la clé, ce doit être mon Paul.

Elle se leva et s’avança au-devant de son fils.

Maya les observa, lui si grand, si costaud, elle si minuscule, si frêle. Elle se demanda comment Mamie avait pu enfanter une personne avec de telles proportions. Lorsqu’elle était en présence de cet homme, Maya se sentait en sécurité, il incarnait la force, la puissance et la loi.

Le Capitaine invita Maya à entrer dans son bureau. Elle dût abandonner, non sans peine, les délicieux gâteaux de Mamie mais le Capitaine lui ouvrait l’intimité de son domaine pour la première fois. C’était le signe d’une grande confiance, Maya en fut très flattée. Elle pénétra dans la pièce spacieuse. Il y avait un grand bureau dans un coin et une jolie vitrine renfermait une collection de montres à goussets. De l’autre côté, des étagères disparaissaient sous des piles de dossiers. Maya lui exposa son raisonnement.

- Qu’est ce que tu me dis là Maya ! tu crois que des ouvriers, des employés de KOOR se seraient vengés de Rénald en blessant sa fille ? pourquoi ? parce qu’ils se retrouvent au chômage ?

- Oui. Moi je crois que c’est une bonne raison. Affirma Maya.

- Bon, admettons, D’accord… mais pour l’instant il n’y a pas de preuves de ce que tu avances.

 - Des preuves, ça doit être facile à trouver. D’abord, on relève les empreintes et puis, il doit bien y avoir des traces !

- Attention Maya, tu ne dois pas trouver des preuves à tout prix, pour étayer ce que toi tu prétends, si tu vois ce que je veux dire…  Il arbora un sourire large, laissant apparaître une rangée de dents aux dimensions XXL.

Maya fut vexée de n’être pas prise au sérieux. Elle fit la moue.

- Bon, je vais te rassurer, Maya. Ton amie a été victime d’un accident, voilà tout, tu ne dois pas te tracasser davantage.

- Mais les journaux disaient qu’elle était évanouie dans l’entrée de la maison. Alors j’ai pensé qu’elle avait pu ouvrir à quelqu’un qui voulait parler à son père… Et voyant Emma toute seule… il l’aurait assommée… Vous voyez comme ça. Elle leva le bras et rabattit le poing devant elle pour illustrer son raisonnement.

- Hum, je ne crois pas que ça s’est passé comme ça. Tu connais ma réputation ? alors fais-moi confiance, personne ne s’est attaqué à Emma.

Maya haussa les épaules, elle n’était pas tout à fait convaincue par les belles paroles du capitaine. Elle pensa qu’il s’agissait d’une manœuvre pour la rassurer. Cela était tout à son honneur, cependant elle riposta.

- Rien ne prouve qu’elle n’ait pas été attaquée. L’autre jour, je suis allée à l’assemblée générale des ouvriers de KOOR avec papa et j’ai entendu le discours de Maurice. Il appelait à la modération, il a même dit que certains étaient allés trop loin.

- Il a parlé d’Emma ?

- Non, mais quand Monsieur Rénald est entré dans la salle tout le monde s’est tu. Et puis, quelqu’un lui a apporté une chose dans un sac en plastique et lui a parlé à l’oreille.

- Oh !oh !oh ! tu as beaucoup d’imagination, Maya. Si tu veux entrer dans la police, je peux te pistonner. Hé ! hé !

Il lui tapota l’épaule amicalement. Il sentit alors que la fillette n’avait pas fini.

- Tu voulais me dire autre chose ?

- Papa… Lui aussi a été licencié.

- Alors raison de plus, rajouta-t-il. Logiquement, ton père fait partie de la liste de tes suspects. Alors réfléchis à tous ces pauvres bougres qui ont perdu leur boulot, ça ne fait pas  forcément d’eux des malfaiteurs en puissance.

Il conduisit Maya à la porte et la laissa sur ces mots :

- Penses-y…

Sur le chemin du retour, Maya s’arrêta devant la maison de Rose, la voisine de Mamie. Pouvait-on vraiment parler de maison, il s’agissait plutôt d’une habitation rudimentaire, d’une cabane, qui avait poussé au beau milieu d’un champ de mauvaises herbes et de matériaux de récupération. Rose vivait isolée et avec peu de moyens. Manger et se chauffer correctement n’étaient pas ses principales priorités. Elle préférait prendre soin de ses bêtes, chats et chiens errants, qu’elle récupérait et remettait sur pied. L’hiver était rude cette année, si Rose ne chauffait pas suffisamment, vu son âge, cela pouvait bien lui être fatal. Maya fut rassurée, lorsqu’elle aperçut de la buée sur les carreaux. Elle ne s’attarda pas et fila chez elle.

Après son entrevue avec le Capitaine, Maya se sentit un peu apaisée. Il avait raison sur un point, elle était allée un peu trop loin en accusant les ouvriers de KOOR, dont son père faisait partie. D’un autre côté la thèse de l’accident ne paraissait pas vraisemblable. Ces pensées fourmillèrent dans sa tête.

Il était tard, allongée sur son lit dans le noir, « plus que quelques heures avant de voir Emma ! » songea-t-elle. Elle fixa les étoiles fluorescentes collées au plafond de sa chambre. Bientôt, ce ciel artificiel disparut pour laisser la place à de vastes cieux parsemés de constellations. Peu à peu, absorbée par ce tourbillon galactique, la chaleur la gagna, ses membres se détendirent et elle s’endormit paisiblement.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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