Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Maya.P
  • Le blog de Maya.P
  • : des romans, des contes, des histoires pour les petits, tout un espace dédié à la jeunesse mais pas seulement...
  • Contact

Recherche

Pages

10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:13

Parfois, il y a des gens qui croient voir en vous quelqu’un provenant de leur passé. Vous faites ressurgir à leur mémoire un souvenir parce que quelque chose dans l’expression de votre visage, votre manière de vous déplacer ou de parler, une vague ressemblance, rappelle un être cher.

 

Après l’épisode de la sortie chez Rose, Maya fut plus prudente et resta chez elle jusqu’à son parfait rétablissement. Elle profita de ces moments de tranquillité pour réfléchir à la situation et examiner toutes les d’hypothèses possibles. Malheureusement, elle ne parvenait pas à imaginer qu’un des voisins de Rose soit sans doute un tueur fou. Elle les énuméra l’un après l’autre, il y avait Lombardi l’épicier italien, Richard le vieux garçon précieux, Martino surnommé le sauvage du coin de la rue en raison de son mauvais caractère et Le capitaine Piole dont les tailles correspondaient approximativement à la hauteur du MONSTRE. Celui qui interpellait le plus Maya était Monsieur Raymond, un homme discret et secret dont la stature imposante se rapprochait le plus avec l’idée qu’on se faisait du MONSTRE. A cela se rajoutait son caractère mystérieux et son immense maison pour lui tout seul, car il était veuf depuis très longtemps. Oui, celui-ci avait retenu l’attention de Maya, mais pas de précipitation, il n’était pas question de reproduire la même erreur de jugement que pour Anatole. Il valait mieux attendre que Rose revienne.

Robin passa chaque jour chez Rose, malheureusement, elle ne réapparut pas.

Maya comptait bien qu’elle se manifeste un jour ou l’autre, aussi elle avait attendu un peu avant de téléphoner à Karim pour lui apprendre qu’elle était la véritable identité de Rose.

Elle avait envie de lui faire plaisir, ne lui avait-il pas rendu un service très précieux ? Grâce à son concours, elle avait pu rencontrer son grand-père, ce vieil homme énigmatique qui jadis avait connu Rose, ou plutôt Sihême. Il lui avait permis de comprendre les lettres d’Emma en les traduisant et surtout il avait réussi à trouver leur expéditrice.  Elle aurait tant voulu exaucer le vœu du Grand-père de Karim et que ces deux personnes liées par le passé se revoient.

Les jours avaient défilé et sans qu’elle s’en aperçoive, les vacances de noël s’étaient faufilées comme ça, l’air de rien. Après la brusque chute des températures, un radoucissement aussi surprenant chamboula la nature, transformant l’étendue des paysages en pâtisserie, les prairies, les forêts ainsi que les villes étant de la blancheur d’une garniture de chantilly. Cela sentait bon Noël et ses douceurs…

Maya n’était pas parvenue à joindre Karim une seule fois. Il était toujours occupé ou sorti. Elle était pressée de lui dévoiler le secret  de Rose.

Aussi lorsque le téléphone retentit, elle se précipita pour répondre, pensant qu’il ne pouvait s’agir que de Karim.

Seulement, ce n’était pas lui qui se trouvait à l’autre bout du fil mais une voix féminine inconnue qui demanda à parler à Maya Poulain.

- C’est moi, sa voix trahit une grande déception.

- Je suis désolée de vous déranger ainsi, chez vous. Vous êtes sans doute en plein préparatifs de noël, c’est bien normal…hem…

Cette voix inconnue était très embarrassée et avait du mal à en venir au fait.

- Voilà, dit-elle enfin, je ne vais pas vous faire attendre davantage… vous êtes bien la jeune Maya qui a été en première page du journal il y a quelques temps ?

- Oui, c’est bien moi. Répondit Maya, un peu surprise par la teneur de la question.

- Voilà, je connais quelqu’un que vous n’avez jamais vu mais qui vous a reconnue sur la photo.

- Comment ça ? demanda Maya interloquée.

- Eh bien, comment vous dire cela sans trop vous choquer… Il s’agit de quelqu’un qui a perdu la mémoire depuis des années. Elle ne se souvient d’absolument rien de son passé. L’autre jour, elle est tombée sur le journal avec votre photo en première page. Ça a été comme un déclic pour elle, comme une évidence. Elle s’est mise à pleurer comme une enfant en serrant la page du journal contre elle… La voix s’arrêta un moment pour déglutir et reprendre un peu sa respiration. Elle a dit… Elle a distinctement dit les mots suivants : « C’est ma sœur, c’est ma sœur. »

- Sa sœur ? s’exclama Maya.

- Bien entendu, cela ne se peut pas. Elle doit avoir une quarantaine d’années et vous…

- Je viens d’avoir treize ans. Précisa Maya.

- Vous comprenez, que je ne vous appellerais pas si cette femme que nous avons renommée Marie était une illuminée. Il ne s’agit pas de cela, non c’est une femme tout à fait sensée. Elle a seulement perdu tout son passé et ses racines… C’est la première fois en six ans d’amitié qu’une lueur d’espoir de lui faire recouvrer la mémoire s’offre à elle.

Maya tressaillit lorsque le mot amitié fut prononcé. Elle fit le parallèle avec sa propre expérience et tous les efforts qu’elle avait déployés jusqu’à présent afin d’aider Emma. Cette femme, comme elle, tentait d’aider son amie.

- Je sais bien, continua la voix, vous n’êtes pas obligée… Mais accepteriez-vous de la rencontrer ? Ne me répondez pas tout de suite, prenez le temps pour réfléchir à tout ce que cela impliquerait pour vous et votre famille… Je ne vous cache pas que fonde un grand espoir dans cette rencontre. Cela permettra, peut-être à mon amie de retrouver d’autres souvenirs enfouis dans sa mémoire. Les médecins parlent d’effet boule-de-neige, un souvenir en entraîne un autre et ainsi de suite… Bon, je vais vous laisser mon numéro de téléphone, je m’appelle Laura Simon…

Maya nota le numéro et prit congé poliment de la voix féminine. Elle resta un moment sans bouger, plongée dans ses pensées. Sa décision fut soudaine, oui elle devait accepter de rencontrer cette femme. Elle pressentait qu’elle allait elle aussi découvrir quelque chose d’important.

Monsieur Poulain avait suivi de loin la communication et il avait trouvé Maya peu bavarde avec son interlocuteur, en outre il avait remarqué qu’elle avait donné des précisions sur son âge et son attitude après l’appel était énigmatique. Aussi, il n’hésita pas une seule seconde à lui demander des explications.

- C’est une femme qui pense que je suis sa sœur, expliqua Maya évasive.

- Que tu es sa sœur ? qu’est ce que c’est que cette blague ?

- Elle m’a vue sur le journal et elle m’a reconnue… Enfin, elle a cru reconnaître sa sœur.

- Elle est bizarre cette histoire !

- En fait, elle a perdu la mémoire il y a longtemps et des souvenirs lui sont revenus en voyant mon portrait.

- Nom d’un petit bonhomme, comment est-ce  possible ! s’exclama Monsieur Poulain. Est-ce que tu penses à la même chose que moi Maya ?

- Oui papa.

Sans rien rajouter de plus elle composa le numéro et la même voix féminine décrocha.

-  Madame Simon ? J’ai pris ma décision, dit-elle, j’accepte de rencontrer votre amie.

- Elle accepte, chuchota Laura Simon en protégeant le haut-parleur du combiné téléphonique. Puis s’adressant à Maya. Vous ne pouvez pas imaginer ma joie ni la sienne. Est-ce que la rencontre peut se faire rapidement ?

- Quand vous voulez, je suis disponible en ce moment et mon père aussi car il m’accompagnera.

- Cela va de soi… Disons, demain midi au restaurant le Palmier. Cela vous convient-il ?

Maya hésita, le restaurant en question était très réputé en ville et très coûteux. La voyant réfléchir Monsieur Poulain murmura à son oreille que cela n’avait aucune importance.

- Qu’y a-t-il, cela vous bouscule trop ? s’enquerra la voix.

- Non, ce n’est pas ça… il est chic ce restaurant, laissa échapper Maya Brusquement.

- Ne vous en faites pas pour ça, c’est moi qui vous invite. Alors, à demain !

- À demain !... heu, mais comment je fais pour vous reconnaître.

- Nous viendrons à votre rencontre.

 

Karim finit par se manifester. Ils bavardèrent un bon moment de choses et d’autres, des prochaines fêtes et de leurs commandes au « père noël ». Maya déclara qu’elle avait déjà été suffisamment gâtée pour son anniversaire.

« Un ordinateur ! » s’était écrié le garçon, admiratif ou peut-être même envieux.

 

  Puis, Maya se fit un plaisir de le renseigner sur Sihême. En revanche, elle lui fit promettre de ne rien divulguer pour l’instant à son grand-père pour ne pas le décevoir si jamais Rose ne réapparaissait pas.

Elle lui raconta sa grosse fièvre après être allé le voir et l’expédition dans les boyaux de la ville de son frère Robin.

- Tu penses réellement qu’il a trouvé le repère du MONSTRE ? questionna Karim, intrigué.

- C’est sûr et certain. Le problème c’est qu’il n’arrive plus à localiser l’endroit. Il a essayé plusieurs fois de le retrouver, mais sans succès. Lui, il pense qu’il a déménagé.

- ça ce pourrait bien. Il est pas débile, ce MONSTRE, il va pas attendre sagement qu’on vienne le cueillir… Et le type à la casquette ? celui qui a ramené ton frère ?

- On l’a plus revu. Lui aussi a disparu. J’espère que tout cela va prendre fin… je me sens, lasse.

- T’en fais pas, la rassura le garçon. Tu as des nouvelles de ta copine Emilie ?

- Emma, pas Emilie. Non, ça fait un petit moment que je ne l’ai pas vue, mais je compte lui rendre visite demain après-midi. J’espère qu’elle va mieux… Au fait, tu le savais qu’il y a plusieurs sortes de comas ?

-  Non.

- J’ai trouvé des informations sur internet. C’est vraiment génial ! s’enflamma-t-elle.

-  Oh, ça va comme ça, tu arrêtes un peu de me faire râler ? bougonna-t-il.

-  Désolée, j’ai pas fait exprès… Dimanche prochain, je fais une petite fête pour mon anniversaire,  ça me ferait plaisir si tu venais. Comme ça tu pourras voir mon ordinateur  en chair et en os et tu pourras même t’en servir. Qu’est ce que tu en dis ?

- Ok.

- Tu n’auras qu’à  venir passer la journée. Si tes parents te le permettent, bien sûr… Tu pourras m’aider à préparer le repas et le…

- Hop là ! Je me disais bien qu’il y avait une arrière-pensée derrière cette invitation. Fit-il, pour la taquiner.

Enfin, ils se quittèrent.

Elle avait évité de lui parler de ce coup de fil étrange, car un grand espoir était né dans le cœur de la fillette et elle avait peur qu’il s’envole si elle le dévoilait. Elle  avait succombé sans doute à une stupide superstition.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
commenter cet article

commentaires