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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:10

 

Après une soirée aussi éprouvante, il semblait évident que Maya ne pourrait pas trouver facilement le sommeil. Pourtant, à peine eut-elle posé sa tête sur son oreiller qu’elle sombra paisiblement.

Lorsqu’au petit matin elle ouvrit l’œil, son ordinateur était en place sur son bureau, la connexion internet branchée. On avait pris soin de noter sur un bout de papier le code d’accès à la page.

Maya aimait bien la technologie au collège, c’était la matière qui lui avait permis l’accès aux ordinateurs et à leurs secrets. Comme elle avait une très bonne mémoire et un grand intérêt pour la chose, elle s’était, grâce aux bases fondamentales, initiée au surf sur le net chaque fois qu’elle le pouvait.

Il lui fallut quelques minutes pour comprendre comment cet ordinateur-là fonctionnait et bientôt elle fut plongée dans l’univers des sites d’internet.

Elle découvrait le plaisir de les visiter à sa guise sans limite de temps et sans partager les recherches avec un camarade. Un ordinateur pour elle seule, il n’y avait qu’un seul mot : GÉNIAL !

La fatigue découlant de sa forte fièvre s’était dissipée, elle se sentait toute revigorée. Elle tapait des mots au hasard sur le clavier et le serveur répondait presque instantanément à ses demandes.

Maya se sentait d’humeur joyeuse, son père lui avait offert le plus merveilleux des jouets.

- Profitons-en pour faire des recherches utiles. Se dit-elle.

Elle s’empara de l’écrin renfermant le bijou que lui avait offert Mamie et tapa le nom imprimé en lettres d’or à l’envers de la Boîte. Il était écrit « BIJOUTERIE BOURIEZ »

Aussitôt une page consacrée à cette bijouterie s’ouvrit. L’ordinateur dévoila à Maya la collection complète de ce créateur unique en son genre. Elle en profita pour dénicher les coordonnées complète du bijoutier. Elle rédigea ensuite un courriel.

 

«  Monsieur Bouriez, on vient de m’offrir un médaillon bleu avec un ange argenté à l’intérieur. J’aimerais bien savoir si un médaillon semblable mais avec une étoile au centre pourrait provenir de votre magasin. Si tel était le cas, auriez-vous l’amabilité de me dire à quelle date vous les avez vendus. Je vous remercie de votre réponse. Maya Poulain »

 

Elle tapa sur la touche envoyer et le courriel s’évapora dans les circuits de l’ordinateur.

L’autre recherche qu’elle avait envie d’entreprendre était sur la poétesse Sihême. Elle exécuta la même opération que la fois précédente mais ce ne fut pas aussi simple. Une  multitude de Sihême s’affichèrent, origine du prénom de Sihême, le blog de Sihême, les amis de Sihême et cetera.

Finalement elle dénicha le site d’une certaine poétesse algérienne née, il y a quatre-vingt treize ans. Cela correspondait bien, elle était un peu plus jeune que le grand-père de Karim, avait fait ses études à Alger jusqu’à obtenir un doctorat en sciences humaines. Elle avait travaillé en tant que journaliste mais très vite elle s’était adonnée à la poésie seule possibilité selon ses propres termes de retrouver une certaine liberté et de lutter plus aisément contre les injustices de ce monde. Elle fut politiquement engagée à travers ses poèmes et fut l’une des plus grandes figures du siècle dernier en Algérie.

« Cette grande Dame gagne à être connue. » pensa Maya. Certains de ses poèmes étaient traduits en français et Maya eut la curiosité de les parcourir. Cependant, elle ne comprenait pas comment on eut pu être qualifiée d’auteur engagé  en écrivant des textes qui paraissaient aussi inoffensifs. Elle réfléchit un moment et en déduit qu’elle n’avait pas encore la maturité nécessaire pour comprendre les idées qui se cachaient derrière des mots aussi simples.

Sur ce même site, elle trouva une série de photographies où l’on découvrait Sihême jeune adolescente ayant reçu un prix d’honneur pour la qualité d’un travail écrit. Il y avait Sihême, à l’âge de l’engagement politique frontal, entourée de ses camarades de l’époque. Puis quelques photos où elle apparaissait plus mûre, entrant dans l’âge. Il y en eut une qui interpella Maya, le portrait, de très bonne qualité, se révéla familier. La fillette se figea devant l’image en se creusant la tête. Où avait-elle pu rencontrer ce visage. Elle était certaine de le connaître.

Un paquet de gâteaux au beurre traînait sur la table, elle s’en servit deux et  les grignota tranquillement en analysant la photographie.

Tout à coup Robin fit irruption dans la chambre, Maya fit son tourner son siège et contempla les blessures de son frère.

- Tu as un sacré cocard, Robin. Dit-elle avant qu’il n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche.

- Merci de me le faire remarquer, répondit Robin encore groggy par un réveil matinal. Dis donc, il fait rudement froid dans ta chambre !

- Tu n’as qu’à fermer la fenêtre si tu veux. J’ai un peu aéré, mais tu as raison, il fait sacrément froid. D’ailleurs, ça me fait penser que je n’ai pas rendu visite à Rose depuis bien longtemps et j’ai peur qu’elle n’ait pas assez de fuel pour se chauffer convenablement. Tu pourras y aller, s’il te plait.

- ça va pas tu as vu la tête que j’ai, elle risque de prendre peur en me voyant. Si je suis venu dans ta chambre, c’est pas pour que tu me dises ce que je dois faire, ok ?

- Ok, excuse-moi.

- Bon, je suis venu pour te donner quelque chose.

- Ah ! bon.

- Voilà, tiens. Il lui tendit un paquet aussi maladroitement emballé que lui dans son attitude. C’était ton anniversaire, il y a pas longtemps, ben voilà c’est mon cadeau.

- Oh, merci, dit bien gentiment Maya.

Elle découvrit une longue tige de pierre polie par l’érosion et aussi pointue qu’un couteau.

- C’est une stalactite, expliqua-t-il. C’est ce qui se forme avec le calcaire de l’eau qui goutte des voûtes des grottes.

- Waw ! elle est vraiment très belle cette stalactite ! Merci, Robin.

Elle s’élança vers lui pour l’embrasser mais il se protégea le visage en se grandissant le plus possible, tant et si bien que même sur la pointe de ses pieds Maya ne pu atteindre la joue de son frère.

- Fais un peu attention, j’ai encore les joues endolories. Machinalement, alors qu’il venait de prononcer ces mots, il l’écarta et son regard se porta sur le portrait de Sihême. Il le  considéra et même s’y attarda en s’inclinant devant l’écran.

- Eh ! Lança-t-il, tu as vu… on dirait…

-  On dirait qui ? s’impatienta Maya.

- Non… Tu vois pas la ressemblance ?

- Allez dis-moi, s’il te plait. Maya trépignait d’impatience.

- On dirait Rose en plus jeune, tu trouves pas ?

La révélation happa littéralement la fillette qui peu à peu se rapprocha de l’image en la scrutant d’avantage à chaque pas. Mais, oui, on aurait dit vraiment Rose avec des traits plus jeunes, mais son regard pointu et vif était identique à celui que Maya lui connaissait.

- ça alors ! s’écria Maya, il faut aller la trouver.

Elle se précipita sur des affaires traînant sur la moquette et les enfila à la hâte un tricot de corps rose, sous le regard affligé de son frère.

- Tu comptes pas sortir maintenant ? lui demanda-t-il.

- Si, il faut absolument que j’aille la voir car elle connaît un secret très important. Elle continua à se parler à elle-même tout haut. Maintenant, je comprends pourquoi elle était si mal à l’aise lorsque je lui ai montré les lettres.

- Maya, de quoi tu parles ? Tu fais à nouveau de la fièvre ou quoi ?

- Non, touche ma main, elle la lui tendit, tu vois je n’ai pas de fièvre.

- De toute façon, je ne te laisserai pas sortir. Tu sais combien il fait dehors ?

- Non, fit-elle en le regardant droit dans les yeux. Et je m’en fiche !

- Il fait moins deux. Pas question que tu sortes ! non mais, regarde toi tu es toute pâle. Pas la peine de t’habiller, tu bouges pas.

- Bon, D’accord, dit-elle avec une petite moue d’impuissance. Je vais t’expliquer.

Maya expliqua à son frère l’épisode avec Karim et son grand-père et lui montra la traduction des lettres.

- Mais alors, réagit Robin, si Rose connaît l’agresseur d’Emma et de son père, elle qui ne sort pratiquement jamais de chez elle… cela veut dire…

- Qu’il vit sous ses yeux ! s’écria Maya. c’est pour ça qu’il faut aller la voir sans tarder !

-  Non, toi reste ici, je vais aller lui parler et t’en fais pas je vais mettre mon bonnet et mon écharpe pour qu’elle n’ait pas une vision d’horreur en me voyant.

- C’est inutile, trancha Maya, à toi elle ne parlera pas, et ce n’est même pas certain qu’elle se confie à moi. En tout cas je la connais mieux que toi, elle a plus l’habitude que je lui rende visite. Non, c’est décidé je vais y aller.

- Bon, tu as gagné, s’inclina Robin.  Mais je t’accompagne.

- Tu n’as pas compris ! si tu m’accompagnes, elle va se douter de quelque chose et se fermer comme une huître. En plus, si l’assassin nous voit ensemble chez elle il risque de se douter de quelque chose.

- Premièrement, je t’attendrai dehors et deuxièmement comment veux-tu qu’il sache qu’elle l’a repéré et que son vrai nom est Sihême. Donc, je t’accompagne. Répondit Robin avec toute l’intransigeance qui le caractérisait.

Maya comprit vite qu’elle n’aurait pas le dernier mot et du coup se plia aux exigences de son frère.

Elle était à peine remise et pour se rendre chez Rose il lui fallait parcourir un bon kilomètre et demi dans le froid. Aussi, Maya revêtit sa paire de collant en laine à bandes multicolore et enfila un jean large par-dessus, plus deux épaisseur de pull elle était prête pour une expédition polaire.

- ça te va comme ça ? dit- elle en attendant l’approbation de son frère.

- Oui, ça peut aller… je vais prendre un pull et j’arrive, rendez-vous dans le vestibule.

Maya acquiesça de la tête et se mira dans le grand miroir qui ornait l’une des portes de son armoire. « une boule » pensa-t-elle, puis elle dévala les escaliers pour rejoindre le Hall.

- Où est-ce que tu vas ? Demanda son père qui s’attelait déjà à la tâche ménagère.

-  Je vais voir si Rose va bien, tu comprends avec ce froid j’ai peur qu’elle n’ait plus assez de fuel.

-  Mais, il est Hors de question que tu sortes avec la fièvre que tu as eu ces jours-ci. J’irai, moi… tu es à peine remises que déjà tu t’évapores. Non, non, non… fit-il en quittant l’entrée le balai à la main.

À ce moment arriva Robin.

- Tu n’es pas encore chaussée ?

- Papa ne veut pas que je sorte, Chuchota-t-elle.

- Ce serait plus raisonnable, c’est vrai. Marmonna-t-il.

Maya vit son frère froncer les sourcils, un moment elle crut qu’il avait changé d’avis.

- Dépêche-toi, je vais faire diversion.

Il partit en direction de son père pour l’avertir qu’il sortait faire une petite course. Monsieur Poulain ne se méfia pas car il savait Maya obéissante, jamais il n’aurait pu imaginer qu’elle aurait pu transgresser l’interdiction.

Maya enfila ses bottes fourrées et sa doudoune grise en duvet d’oie à la hâte, attrapa au passage bonnet écharpe et gants, puis elle ouvrit la porte sans faire de bruit et sortit. Robin la suivit de peu.

 

Le vent soufflait par rafales, s’engouffrait dans les vêtements et circulait comme une main glacée sur le corps des gens emmitouflés. Maya et Robin ne firent pas exception, mais le désir de Maya de connaître enfin le nom de l’immonde MONSTRE était bien plus fort que le froid et le vent. Elle voulait que la justice soit rendue et que l’assassin soit mis hors d’état de nuire le plus rapidement possible.

Sa déception fut grande lorsqu’elle constata que Rose était absente. Elle quittait rarement la cabane, seulement pour se réapprovisionner en nourriture ou en carburant. Il y faisait froid, la porte avait été laissée grand-ouverte et les chats qui eux aussi souffraient des basses températures étaient venus s’y réfugier. Maya et Robin attendirent un moment à l’intérieur, espérant la voir arriver d’une minute à l’autre. Mais ça ne fut pas le cas. Alors, la fillette pensa qu’elle pouvait avoir sorti les chiens, en effet, eux aussi avaient déserté la baraque. Il lui arrivait d’aller les promener sur la colline derrière le lotissement. C’était un bout de terrain en friche qui servait  plus de dépotoir que de parcours de santé, mais Rose pouvait s’y balader et y trouver des trésors qui ne l’étaient qu’à ses yeux.

Maya avait des doutes tout de même, car il faisait bien froid et la petite Rose dans ce vent fort avait toutes les chances de s’envoler. Comment aurait-elle pu lutter du haut de ses un mètre quarante et de ses trente-cinq kilos. Un instant Maya pensa à Rose dans les airs vêtue de sa Robe bariolée, ses claquettes aux pieds, comme une Marie Popins sans parapluie. Cette image la fit sourire et puis il fallut bien se rendre à l’évidence, Rose n’était pas là, on ne savait pas à quel moment elle rentrerait, donc il valait peut-être mieux partir avant de prendre froid à nouveau.

Elle laissa un petit mot, pour signaler sa visite, sur un bout de papier qu’elle avait tiré d’un petit carnet qui avait élu résidence à perpétuité dans le sac à dos qui ne la quittait jamais. En sortant elle prit soin de bien tirer la porte d’entrée et de l’attacher avec le bout de ficelle qui pendait de la poignée.

- J’ai bien envie d’aller voir Mamie, qu’est ce que tu en penses Robin ?

Robin prit un moment pour réfléchir.

- Bon d’accord, mais on s’attarde pas. On se réchauffe un peu et puis on rentre. T’es encore plus pâle que tout à l’heure, et regarde tu trembles. J’ai pas envie que papa apprenne que je t’ai aidée à sortir alors que tu n’étais pas rétablie.

- Je te le promets, et puis une petite tisane me fera du bien, Mamie en a toujours de prête.

Maya essayait de gagner du temps, Rose pourrait revenir entre temps. La maison des Piole se situait à trois ou quatre pâtés de maison. Ils furent sur le perron en quelques instants.

Maya eut beau sonner à la porte, personne ne répondit. Ils rencontrèrent une fois de plus porte de bois. Elle n’eut pas d’autre choix que de rebrousser chemin ce qu’elle le fit à contrecœur.

Tout au long de la route Robin serra sa petite sœur contre lui, pour lui transmettre de sa chaleur. Ses lèvres étaient devenues violettes et les cernes de ses yeux s’étaient creusées.

- Bon dieu, ce que j’ai été bête de t’écouter. Marmonna Robin machinalement. Il l’attrapa par la main. Bon, on va essayer de courir.

Mais Maya était à bout de force, l’extrémité de ses bottes frottait sur le sol à chaque enjambée. Pour les derniers mètres, Robin la porta dans ses bras et lui parla avec une voix douce. Jamais il n’avait été aussi câlin et gentil avec elle, c’était un Robin qu’elle découvrait avec plaisir.

Heureusement que lorsqu’ils rentrèrent, Monsieur Poulain était sous la douche. Il n’entendit pas le remue-ménage dans le vestibule.  Robin aida Maya à se déchausser et à se défaire de sa doudoune. Il la porta dans sa chambre, où il la frictionna vigoureusement partout sur le corps sans oublier les extrémités. Il avait pris les Mains de Maya dans les siennes et tantôt les frottait, tantôt soufflait en appliquant sa bouche sur l’espace qu’il avait laissé, gonflant d’air chaud la cavité formée par ses mains. Il répéta l’opération jusqu’à ce que sa sœur retrouve un peu de couleurs. Puis, il quitta la chambre avant qu’elle ne se dévêtisse complètement pour enfiler son pyjama épais, en pilou. Elle se faufila sous la couette ne laissant apparaître que le bout de son nez. Elle était si bien enveloppée par la chaleur de son lit qu’elle finit par s’assoupir quelques instants. L’entrée brutale de Robin la fit sursauter.

- Comment ça va ?

- Mieux… Merci, Robin de t’être aussi bien occupé de moi. Tu es…

- C’est bon, C’est bon, n’en jette plus. Fit-il avec sa mauvaise humeur habituelle et surtout beaucoup de pudeur.

Maya n’insista pas, elle se tourna sur le côté, le vent fort avait chassé tout nuage, son regard se perdit à travers les carreaux dans le ciel d’un bleu aussi profond que celui de ses yeux. Un rayon de soleil lui lécha le visage rajoutant à son bien être, ainsi elle s’endormit comme un bébé.

 

 

 

 

 

 

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