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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 12:49

Le capitaine Piole conduisit Maya silencieusement jusque chez lui. La scène avait dû l’interroger, le remuer lui aussi. Il semblait soucieux, son front s’était plissé et son regard noirci. Lorsqu’il rentra dans sa maison, il jeta avec nervosité son manteau sur le petit canapé rouge du hall. Pourtant, une fois installé dans son bureau il se voulu rassurant au près de la fillette, son visage se transforma, se lissa. Ses yeux s’agrandirent considérablement, ouvrant l’arc de ses sourcils qui l’instant d’avant se réunissaient en une barre sombre. Il pria Maya de s’asseoir et pris une pose décontractée, enfoncé dans son fauteuil confortable. Il s’efforça à minimiser l’attitude de Rose, sans doute pour tranquilliser la fillette.

- Ne soit pas trop inquiète pour Rose, elle va se calmer dans un moment.

Elle est un peu dérangée…. Mais… je ne t’apprends rien.. ah !ah ! s’esclaffa-t-il en se rejetant loin en arrière. Puis pivotant sur son siège, il s’adressa à Maya sur un ton confidentiel.

- Tu es une fille maligne, Maya… Mais tu n’as pas fait preuve de perspicacité lorsque tu m’as caché que tu étais un témoin important de l’agression de Monsieur Rénald. Tu aurais du m’en parler tout de suite… tu aurais pu aider la justice.

- Je ne savais pas… j’ai eu peur...  et puis, J’ai rien vu…

- Tu as peut-être entendu des choses ?

- Non… j’ai juste vu Monsieur Rénald blessé sur le sol et, de ses tueurs, j’ai vu leur casquettes pas leur visages.

- Tu pourrais m’en dire un peu plus à propos de leur taille, par exemple.

- Il y en avait un très grand et l’autre un peu plus petit et plus corpulent…

- Le plus fort, il avait un peu le gabarit de Monsieur Rénald ?

- Heu, oui… je crois…Le grand avait un bandage sur la main droite.

- Tu vois, ce que tu viens de me dire est très intéressant. Tu as d’autres petits détails comme celui-là peut-être ? cherchaient-ils quelque chose ?

- Oui, je me rappelle qu’ils ont fouillé Monsieur Rénald car il cherchait une petite médaille bleue… Ils ont dit qu’il y avait une étoile sur le médaillon.

- Ils l’ont trouvée ?

- Oui… c’est pour ça qu’il l’ont assassiné ?

- Oui, cela ne fait aucun doute… est ce que tu les as vu tuer Mr Rénald ?

- Oh non ! quand j’ai vu l’arme, j’ai fui…

- Et le portefeuille ?

- Le portefeuille… papa t’as dit…

- Oui, comment tu as fait pour le récupérer ?

- J’ai fait diversion et je me suis précipitée pour le ramasser. Et voilà, j’ai réussi.

- Il était dans la même pièce que Monsieur Rénald ?

- Oui…

- Tu n’as rien remarqué lorsque tu y étais ? Peut-être un détail précieux…

- Non…heu, oui… il n’y était plus…

- Quoi ?

- Monsieur Rénald. Il n’était plus là lorsque je suis entrée dans le bureau pour prendre le portefeuille.

- Bon, d’accord… Tu vois, tu aurais dû m’en parler avant, Maya… désormais, tu viendras me parler, promis ?

- Bien, Capitaine… Je voulais juste savoir quelque chose… c’est à propos d’Anatole…heu… Comment il va?

- Nous allons le relâcher. Anatole n’est pas notre homme, trop jeune. Il n’a que vingt et un ans…il ne peut pas avoir commis des crimes vieux de dix ans.

Maya poussa un soupir de soulagement, elle sentit le poids qu’elle avait sur le cœur s’envoler presque instantanément.

Le capitaine Piole la raccompagna à la porte au moment même où mamie rentrait du marché.

- Ah ! Maya, Tu tombes bien… Je ne t’ai pas oubliée. Dit-elle avec un brin d’espièglerie. C’est bientôt ton anniversaire ? je ne me trompe pas ?

- Non mamie.

- De toute façon je l’avais noté sur mon calendrier, alors… Ne bouge pas, je reviens… se ravisant. Rentre cinq minutes, allons.

Elle s’engouffra dans la maison, son panier à provision rempli de victuailles. Le capitaine fit mine de lui prendre des mains mais elle le rabroua rudement.

- Tu me prends pour une impotente ? Ta mère n’est pas encore sénile, ça je te le dis ! Non mais…

Elle continua a bougonner tout en se dirigeant vers la cuisine.

- Puisque tu n’as pas besoin de moi, je sors. Répliqua le capitaine Piole.

Et il fit ce qu’il avait dit, il partit.

Maya attendit dans le salon que mamie revienne. Tout en rangeant ses courses, elle continuait à marmonner toute seule. Enfin calmée, elle rejoignit la fillette.

- Ah ! treize ans ! c’est bien ça, je ne confonds pas ?

- Non mamie.

- Treize ans... chez nous, cela signifiait l’âge de raison… et la fête !... À l’époque on organisait un bal…Et quel bal ! Tout le village y participait, on fêtait l’année des treize ans de toutes filles et de tous les garçons du canton. Les filles devaient préparer une grande variété de pâtisseries et  les garçons avaient une épreuve de chasse. Ces compétitions n’étaient pas du tout faciles, car les filles passaient devant un jury qui goûtaient leurs gâteaux et les garçons devaient rentrer avec du gibier. Gare à ceux qui ne réussissaient pas leurs épreuves, car ils se faisaient moquer devant l’assemblée, hou la, la… mais à la fin de la journée les fillettes devenaient toutes des jeunes filles et pareil pour les garçons…Oui, ils devenaient tous des jeunes hommes… Oh ! mais je t’ennuie avec mes histoires vieilles femmes !

- Pas du tout mamie, tu sais bien que j’aime ça…

- Alors, pour te finir… C’est ce jour là que j’ai connu grand père. Il était beau avec son chapeau en feutre noir à bord large… Non j’arrête là, sinon demain on y sera encore… allez, zou…

Elle s’approcha du grand buffet et s’empara une petite boite.

- Tiens, c’est pour toi, Maya, tu es si gentille que tu le mérites bien.

Maya ouvrit la boîte et en ôta une chaîne en argent au bout de laquelle se balançait une médaille. Elle était ronde, sur le fond bleu ciel cerné d’argent se dessinait un ange argenté en relief.

Maya resta interdite, elle ne trouvait pas les mots car ce bijoux lui rappelait la description d’un certain médaillon.

- Elle te plait ? demanda la vieille dame, soucieuse de faire plaisir.

- Oui, beaucoup… Elle est très jolie… Merci, mamie ! tu me ravis. Elle l’embrassa chaleureusement.

- Bon, je te libère, dit mamie, un peu émue. Allez ouste, tu dois avoir des choses à faire… moi, je dois préparer mon repas.

- Mamie ! demain, je t’apporte un bout de mon gâteau d’anniversaire et tu me diras si je suis digne d’appartenir au rang des jeunes filles.

- Oui, oui. Allez, à demain. Je ne te raccompagne pas, tu connais le chemin.

 

Sur le retour, Maya pensa qu’elle tenait peut-être une piste avec le nom du bijoutier qui réalisait ce type de bijoux. Elle jeta un coup d’œil sur la propriété de Rose en passant et elle l’aperçut de dos en train de nourrir ses bêtes. Elle rentra rassurée chez elle.

 

Tout le reste de la matinée, Maya, s’activa dans la maison, un peu de rangement s’imposait après la longue soirée de la veille. Et puis, elle avait besoin de se remettre les idées en place. Le médaillon, la réaction de Rose devant les lettres, méritaient un peu de réflexion et il n’y avait qu’en bougeant que Maya pouvait cogiter.

Le salon étant impeccable, elle s’attaqua à la cuisine. La vaisselle débordait de l’évier, la poubelle était pleine à craquer, il y avait là, de quoi s’activer. Elle enfila les gans en caoutchouc et s’évertua à décaper, désincruster, lustrer la cuisine de fond en comble…tout en travaillant, l’idée de téléphoner à Karim pour réclamer son aide refit surface. Cela valait peut-être la peine d’essayer.

Elle chercha son numéro sur le bottin téléphonique, malheureusement on comptait près de deux pages de Bélouel. Maya fut, un brin découragée. Puis, elle se souvint qu’ils avaient fréquenté la même école maternelle, il suffisait de repérer les adresses des quartiers alentours cela permettrait d’exclure les autres.

Patiemment, elle procéda par élimination. Au bout du compte, il ne lui resta que six numéros possibles.

Elle composa le premier numéro sans succès, idem pour les trois suivants. A chaque nouvelle tentative son ventre se nouait davantage. Au bout de la cinquième, elle redouta encore une réponse négative. Cette fois, elle changea sa façon d’aborder son interlocuteur et se présenta tout de suite, comme si cela pouvait influencer de quelque façon que ce soit la réponse.

- Bonjour, dit-elle, je m’appelle Maya Poulain. Est-ce que je suis bien chez Karim Bélouel, s’il vous plaît ?

- Oui, c’est bien ça. Répondit une voix féminine.

- Est-ce que je pourrais lui parler, s’il vous plait. Le cœur de Maya Battait très fort.

- Oui, ne quittez pas, je vais le chercher.

Les quelques secondes qui passèrent lui semblèrent une éternité.

-       Allo.

Une voix roque et grave résonna dans le combiné du téléphone.

Maya ne reconnu pas celle de Karim, déçue ses forces l’abandonnèrent.

- Excusez-moi, dit-elle après un long silence employé à reprendre ses esprits. Je crois que j’ai fait erreur, je souhaitais parler à Karim Bélouel mais, il s’agit d’un enfant et…

- Oui, il est là, lâcha la grosse voix avec un accent d’agacement.

Il posa le téléphone et héla Karim. Maya entendit, des pas rapides accourir et dans le lointain la grosse voix rouspéter après la femme qui avait répondu. Maya trépignait d’impatience, « était-ce bien lui ? » Lorsqu’elle entendit sa voix, un vent de joie l’enveloppa douillettement. Son cœur s’emballa, elle eut subitement chaud, ses joues s’enflammèrent.

Maya tâcha de contenir son émotion, elle répondit avec le plus de sobriété possible.    

- C’est moi… c’est Maya… je t’appelle parce que… tu sais, c’est à propos de ce service dont je t’ai parlé…J’ai besoin de toi.

- On s’est tout dit je crois… répondit-il sèchement. J’aime pas les balances…

- Je suis désolée… c’est vrai je n’aurais pas du… mais tu ne sais rien de tout ce que j’ai enduré ces derniers temps ! Tu es très sévère avec moi… et finalement toi aussi tu t’arrêtes aux apparences…

Il y eut un long silence pesant.

- Je t’en prie ! c’est une question de vie ou de mort. Laisse moi t’expliquer… s’il te plait, supplia Maya.

- C’est bon… je t’écoute.

Maya raconta tout le déroulement de son extraordinaire aventure, elle ne lui épargna aucun détail. Karim comprit enfin pourquoi elle avait tant paniqué l’autre soir à l’hôpital. Dès lors, il comprit son geste.

- D’accord., tu n’as qu’à venir cet après-midi… à tout à l’heure.

 

Le repas, un rôtis aux pommes dauphines, préparé par Monsieur Poulain fut expédié en un rien de temps. Robin proposa à Maya de la conduire car il avait un rendez-vous non loin de l’endroit où elle se rendait, ce qu’elle accepta avec joie.

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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