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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 12:42

Joaquim se trouvait à la réception, il achevait de remplir toute la paperasserie nécessaire à la sortie de Maya. Il aperçut sa sœur s’acheminer comme frappée de somnambulisme, de fait, il se dépêcha d’en finir avec l’administration.

-Viens par là, mon héroïne préférée, lui susurra-t-il tout doucement en la prenant par l’épaule. Ça n’a pas l’air d’aller fort.

Elle lui sourit gentiment et laissa aller sa tête trop lourde sur le bras confortable de son frère.

- Voilà, il n’y a plus rien à signer ? demanda-t-il à l’employée.

- Non, tout est en règle. Au revoir, Monsieur Poulain.

 

Une fois installée dans la voiture, Maya raconta à Joaquim tout ce qui s’était passé pendant son séjour à l’hôpital. Tout d’abord l’expérimentation avec la fillette, Laura, puis sa rencontre avec Karim, la découverte du MONSTRE et enfin les limbes glaciales de l’esprit d’Emma.

- Au sujet du Monstre, j’étais au courant, le capitaine Piole est venu tout expliquer à papa, cet après-midi… il faut que je te dise… Papa lui a parlé de ce qui s’est passé chez ta copine.

- Chez Emma ? il a dit que j’étais chez elle pendant qu’on tuait…

- Oui, il est complètement paniqué depuis. Tu connais papa… Il voit des types à casquette à tous les coins de rue. Il a peur, très peur pour toi, ma puce.  Alors, il a pensé qu’il valait mieux l’avouer au capitaine. Après tout, c’est un homme de confiance, il lui a promis de n’en parler à personne. Il va juste te poser quelques questions et c’est tout, tu verras, ça ne sera pas bien méchant. Ensuite, il propose de surveiller un peu les alentours de la maison pour que vous ne soyez pas inquiétés toi et papa.

-  Mais, on a toi.

- Non, moi je repart demain. Je ne peux pas rester plus… tu as toujours le numéro que je t’ai donné l’autre jour ? garde-le précieusement, si vous avez besoin de main forte, j’arrive illico presto, d’accord ?

- Oh ! Joaquim ! Pourquoi tu restes pas encore un peu ! S’écria-t-elle, puis elle éclata en sanglot.

C’était trop lourd à porter,  tous ces évènements depuis l’accident d’Emma. Maya se sentais responsable. Responsable la mort de son père, responsable l’arrestation d’Anatole, sans doute innocent comme le pensait Karim.

-  Eh ! Petite sœur ! chuchota Joaquim avec douceur. Pleure pas, allez… Ça va s’arranger… Il lui tendit un mouchoir. Sèche tes larmes. Puis il ajouta, je t’ai connue plus courageuse. Tu te souviens du vieil âne que Rose avait recueilli, c’est toi qui l’a sauvé de la boucherie et cet enfant qui s’était égaré que tu as ramené à ses parents morts d’angoisse. Rappelle-toi leur joie !

- oui, mais ça ne change rien. J’ai peur de pas y arriver.

- Arriver à quoi ?

-  À sauver mon amie… À retrouver sa maman.

- Tu penses vraiment que c’est la volonté d’Emma ?

- Oui.

- Que dit le professeur à propos de tes visions ?

- Il dit que ce sont des hallucinations dues à mon bleu qui a grossi… il pense que je transforme les informations que je reçois et que je change leur ordre dans ma tête… mais moi, je suis convaincue que non. Toutes ces images ont un sens…

 

Leur conversation ne se prolongea pas plus car ils étaient arrivés à destination. Maya fut ravie de retrouver son foyer et sa chambre. Monsieur Poulain lui avait concocté un petit dîner réconfortant. De bons spaghetti servis avec une sauce tomates onctueuse. C’était là sa spécialité.

Dans la  cuisine, autour de la table,  on entendait le cliquetis des fourchettes sur la faïence, le gargouillis des ventres, et la mastication enjouée des Poulain. Même le chat, Fripon s’adonnait au repas avec joie. Il attaquait gaiement les croquettes qui débordaient de sa mangeoire.

Soudain on claqua aux carreaux. Joaquim se leva en trombe, ouvrit la fenêtre et sortit sa tête à l’extérieur. Il n’eut pas le temps de voir arriver sur lui une boule de neige énorme. Il la prit en pleine face. De gros flocons dégringolaient du ciel et personne dans la maison n’avait rien remarqué. Un beau tapis blanc recouvrait le jardin.

- ça c’est un coup de mon frère Robin ! s’écria-t-il en sautant par la fenêtre comme un athlète.

Maya s’élança derrière lui mais elle dut grimper sur un chaise pour enjamber le rebord. Au moment même où elle atteignit le sol une rafale de boules de neige s’abattit sur elle. Elle riposta de toutes ses forces mais ses deux frères étaient bien trop agiles.

- C’est pas du jeu ! grogna-t-elle.

- Ah ! ah ! tu en veux encore, demanda Robin sans la moindre pitié.

- Non, non… je t’en prie !

Maya jouait la comédie et attendait le moment propice pour lancer sa contre attaque. Et vlan, Robin disparut sous une avalanche de neige, car Joaquim vint à la rescousse de sa petite sœur.

Dans ce genre d’attaque on ne conserve jamais les mêmes alliés, ce serait trop simple et moins rigolo. Aussi lorsque Maya pensa que Joaquim lui était tout dévouée, elle baissa la garde de son côté. Quelle erreur ! car celui-ci très proche d’elle, à présent, l’attrapa et la fit rouler dans la neige moelleuse. A cet instant, arriva Robin qui changea de camp et pris la défense de la fillette en bombardant son frère d’une tripotée de boules de neige particulièrement efficaces. La bataille se termina au beau milieu du jardin. Ils y formèrent un tas, de bras et de jambes enchevêtrés et saupoudré du sucre glacé qui tombait du ciel.

Le rire de ses enfants récompensa Monsieur Poulain. Il était doux à ses oreilles comme le chant des sirènes.

-Ah ! mes enfants qu’il est bon d’entendre le rire dans vos gorges par ces temps si difficiles ! entrez vous sécher, je vais attiser le feu… Robin, viens là mon fils que je te serre dans mes bras. Nous avons beaucoup de choses à te raconter.

Monsieur Poulain, ému par ce beau spectacle de vie et d’amour, réfréna une larme de joie. Il y avait bien longtemps qu’ils ne s’étaient pas tous retrouvés ainsi, avec ce bonheur.

Robin avait été absent depuis plusieurs jours et ne connaissait pas la situation dans laquelle se trouvait son père, et sa sœur.

Après s’être tous changés, séché, et réchauffés, ils se réunirent sur le tapis du salon devant l’âtre. Chacun à tour de rôle pris la parole pour expliquer le mieux possible les déboires de la famille. Mais quelques fois le brouhaha des voix entremêlées et empressées couvraient l’essentiel du discours.

- Un seul à la fois, je ne comprends rien à ce que vous dites ! trancha Robin. Alors, pour résumer, Monsieur Rénald a menacé papa de le licencier, ensuite le Monstre l’a assassiné et s’est vengé sur Emma. C’est ça ?

- Non ! s’écrièrent les trois autres de concert.

- C’est pas ça du tout ! déplora Maya. Bon, laissez-moi lui expliquer. Tout

d’abord il y a eu l’accident d’Emma et puis le licenciement de papa et…

Maya relata les faits avec le maximum de détails, sans omettre la participation des hommes à la casquettes qui courraient toujours et qui représentait un danger pour la famille. Elle lui expliqua comment elle avait cru découvrir le MONSTRE en la personne d’Anatole et combien elle regretta d’avoir cédé à la panique. Elle leur confia sa peur mais aussi son désir d’aider sa meilleure amie à sortir du coma.

Robin écouta sa sœur attentivement, il but littéralement ses paroles jusqu’à la dernière. Longtemps ils se regardèrent l’air abattu. Puis, Robin prit la parole.

- Tout ce que tu viens de me raconter, m’amène à penser que notre famille est indirectement liée à cette histoire. Il faudrait trouver ce qui nous associe à cette cascade de violences et…

- Justement, coupa Maya, pour percer ce mystère il faut comprendre les indices que me donne régulièrement Emma. Et la première chose à élucider ce sont ces lettres.

Maya sortit de son sac les lettres écrites en arabes, selon elle. Elle les déposa sur le tapis au beau milieu du cercle qu’ils avaient formé autour d’elle.

- J’ai la conviction que ces écrits renferment le secret qui pourrait nous faire avancer dans notre quête. J’ai trouvé le moyen de nous les faire traduire, mais…

- Mais… intervint, Robin.

- Mais le garçon à qui je devais demander ce service est celui qui s’est fâché lorsque j’ai dénoncé Anatole. Il s’agit de Karim… je connais son nom et je peux retrouver son adresse, mais j’ai peur qu’il me rejette…

- Explique-lui ce qui s’est passé, Intervint Monsieur Poulain, je suis certain qu’il comprendra.

- Sinon tu peux demander à Rose, proposa Joaquim. Je sais qu’elle a des origines maghrébines.

- Oh, mais oui ! comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ! s’emporta Maya. demain je lui rendrai visite.

- Petite sœur, je veux que tu sois prudente. Ne parle à personne d’autre de ces lettres, recommanda Joaquim. C’est notre secret à nous quatre maintenant. Tu sais que demain je dois repartir à la caserne, mais je souhaite que tu me tiennes au courant de tes recherches et surtout que tu ne prennes aucun risque. Robin tu es là pour combien de temps ?

- A peine deux jours car avec mon association on va inspecter les catacombes de la ville. Je peux pas me défiler, on a monté ce projet il y a trois mois et ils tous comptent sur moi pour ouvrir la marche. Hé ! hé ! hé ! vous avez devant vous un spéléologue reconnu ! dit-il en bombant le torse.

Cette pose théâtrale détendit l’atmosphère un instant.

-  Il paraît qu’on fait de drôle de découvertes là dessous, continua Robin en mimant le mystère. On m’a raconté qu’il y a toute une faune qui mène une vie de folie sous nos pieds ! Enfin, redevenant sérieux, je vous dirai ça… ça devrait prendre deux bonnes journées si on veut inspecter tous les recoins.

- Ce n’est pas dangereux au moins ? s’inquiéta Maya.

- Faut pas t’inquiéter pour moi ! regarde mes beaux muscles. Fit-il en arborant son beau torse et ses bras musclés. Et je ne suis pas tout seul… on est quinze.

- Pendant que Robin sera dans les égouts, papa et toi vous resterez tranquillement à la maison. Il est peut-être plus prudent que tu n’ailles pas en cours cette semaine. Tu en penses quoi papa ?

- j’en pense que mes fils ont bien grandi et qu’il sont devenus des hommes… je prendrai soin de notre petite perle. Répondit Monsieur Poulain en enlaçant la fillette. Il l’embrassa sur le front et lui murmura à l’oreille qu’il était temps d’aller au lit.

Après avoir souhaité une bonne à nuit à tout la famille, Maya monta dans sa chambre. Les trois hommes continuèrent à bavarder un moment, puis Robin faussa compagnie aux autres.

Qu’il était bon de retrouver son lit douillet et sa couette moelleuse ! pensa Maya fourbu de sa nuit précédente et de la longue discussion familiale. Soudain un cri vint rompre le calme serein de sa chambre.

- Quelqu’un est entré dans ma grotte ! Hurla Robin. On a déplacé ma lampe frontale… quel est ce malotru ?...  Je sais que c’est toi Maya !

Maya frissonna sous l’édredon l’espace d’une seconde, elle connaissait le caractère inflexible de Robin concernant ses affaires, mais déjà le rire généreux de son frère résonna à ses oreilles.

- Bonne nuit, Maya ! lança-t-il.

- Bonne nuit…

Et elle s’endormit sans demander son reste.

 

 

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Published by maya.p.over-blog.com - dans Maya
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